Le renforcement spectaculaire du shekel face au dollar commence à inquiéter sérieusement les milieux économiques israéliens et fait craindre un choc pour le principal moteur économique du pays : la high-tech.
Le problème est simple : la majorité des entreprises technologiques israéliennes vendent leurs services et leurs produits en dollars, notamment aux États-Unis et sur les marchés internationaux. En revanche, leurs dépenses quotidiennes restent principalement en shekels : salaires des employés, loyers, taxes, fournisseurs ou coûts opérationnels.
Concrètement, lorsqu’une entreprise reçoit 1 million de dollars de revenus, cette somme vaut beaucoup moins une fois convertie en monnaie israélienne si le dollar chute fortement. Les recettes diminuent donc mécaniquement, alors que les dépenses locales restent élevées. Plus le shekel se renforce, plus les marges des entreprises se réduisent.
Cette situation devient particulièrement problématique dans un secteur où les coûts salariaux sont parmi les plus élevés au monde. Israël possède l’une des industries technologiques les plus développées de la planète, mais aussi l’une des plus coûteuses. Si les revenus en dollars continuent de baisser, certaines entreprises pourraient être tentées de transférer une partie de leurs activités à l’étranger, où les coûts sont plus faibles. Des sociétés technologiques ont déjà commencé à réduire leurs dépenses et à engager des licenciements afin d’absorber l’impact du taux de change.
Le danger ne concerne pas uniquement les entreprises technologiques. Véritable moteur de l’économie israélienne, la high-tech génère une part importante des exportations, attire massivement les investissements étrangers et alimente une large partie des recettes fiscales de l’État. Un affaiblissement durable du secteur pourrait donc avoir des répercussions sur l’ensemble de l’économie israélienne.
En théorie, un shekel fort est censé avoir un effet positif : il réduit le coût des importations et peut contribuer à freiner l’inflation. Mais en Israël, plusieurs économistes estiment que cet avantage reste limité, car les baisses de coûts ne sont pas toujours répercutées sur les consommateurs.
La situation actuelle est également liée aux marchés financiers mondiaux. La forte hausse du S&P 500 et des grandes valeurs technologiques pousse les investisseurs institutionnels israéliens à vendre davantage de dollars pour couvrir leurs positions, ce qui renforce encore le shekel et accentue la pression sur les exportateurs.
Face à cette dynamique, la Banque d’Israël se retrouve sous pression. Plusieurs experts appellent désormais à une intervention plus forte sur le marché des changes afin d’éviter une dégradation supplémentaire de la compétitivité israélienne.
Derrière la question du taux de change se joue en réalité un débat beaucoup plus large : celui de la capacité d’Israël à préserver son statut de « Start-Up Nation » dans un contexte de concurrence mondiale, de guerre régionale et de forte dépendance aux marchés américains.
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