Pour son expérience, Whitebox a soumis à ChatGPT des questions identiques depuis quatre pays : Israël, les États-Unis, la Turquie et l’Espagne. Les chercheurs ont notamment interrogé le robot sur la légitimité des opérations israéliennes à Gaza, le droit international ou encore la manière dont Israël est perçu dans les conflits récents.
Le constat : les réponses restent globalement similaires dans leur structure, mais les nuances changent fortement selon l’origine géographique de la requête.
Selon l’étude, la version israélienne du chatbot met davantage l’accent sur la sécurité, la lutte contre le terrorisme et le droit à l’autodéfense. Aux États-Unis, les réponses adopteraient un ton plus juridique et humanitaire, avec une forte attention portée à la proportionnalité des frappes et aux conséquences civiles du conflit.
En Turquie, l’IA présenterait davantage le conflit sous un angle géopolitique et régional, tandis qu’en Espagne, les réponses seraient plus marquées par le vocabulaire des droits humains, de l’occupation et des accusations de crimes de guerre.
Pour Whitebox, cette différence ne relève pas d’une volonté politique du système, mais du fonctionnement même des modèles d’intelligence artificielle. Les chatbots s’appuient sur les contenus disponibles en ligne, les médias locaux, les encyclopédies numériques et les sources jugées les plus crédibles dans chaque région.
Autrement dit, l’IA ne crée pas réellement une opinion : elle reflète et synthétise les récits dominants présents dans l’environnement informationnel de l’utilisateur.
L’étude souligne également l’importance croissante d’un nouveau champ stratégique appelé « GEO » - optimisation des moteurs génératifs - présenté comme l’évolution du référencement classique sur internet. L’objectif n’est plus seulement d’apparaître dans les résultats de recherche, mais d’influencer directement les réponses formulées par les intelligences artificielles.