Il y a quelques mois, Joël Rubinfeld, le Président de la ligue belge contre l’antisémitisme, l’équivalent local de la LICRA, alertait sur la montée d’un antisémitisme d’Etat.
Je crois qu’il ne s’était pas trompé. L’antisémitisme n’est plus en Belgique un phénomène d’une résurgence marginale mais un climat, entretenu par des irresponsables politiques, alimenté chaque jour par les médias aveugles ou complices, ce qui ne change d’ailleurs rien à leur culpabilité, mais aussi par la permissivité et désormais participation active de la justice, le tout sur un fond d’indifférence et de démission totale des élites.
1000% d’augmentation des actes antisémites dans les trois mois qui ont suivi le 7 octobre. Il n’a pas fallu attendre très longtemps pour que la situation s’embrase.
Certes une situation plus ou moins comparable à ce qui se passe dans l’ensemble des pays européens, et même occidentaux si l’on pense à l’explosion de haine dans les universités américaines ou encore la découverte d’un antisémitisme actif qui a entraîné plus de 15 morts et des dizaines de blessés en Australie.
Mais en Belgique, la situation est bien plus grave.
Car il ne s’agit pas seulement d’attentats comme celui récemment perpétré contre la synagogue de Liège.
Il ne s’agit pas non plus seulement de déclarations incendiaires et irresponsables de pratiquement tous les politiques belges du Nord et du Sud comme on dit là-bas pour parler de la partie flamande comme de la partie francophone, qui jettent en permanence à la vindicte populaire Israël coupable de tous les maux.
Non il s’agit bel et bien de l’Etat belge qui cherche par tous les moyens à prendre part à ce phénomène d’exclusion et de réprobation des Juifs et d’Israël.
Je pense notamment à la décision du ministère des affaires étrangères belge de refuser les services consulaires du Consulat de Jérusalem aux Juifs vivant au-delà de la ligne verte, services accordés à tous les autres habitants de ces territoires, pourvu qu’ils ne soient pas juifs…
Le pavillon belge à la Biennale de Venise a fermé ses portes en signe de protestation contre la présence d’artistes israéliens ! Aucun autre pays n’a fait un tel choix autant outrancier que ridicule quand on sait combien les artistes israéliens sont indépendants, et la plupart du temps critiques, vis-à-vis des gouvernements en place à Jérusalem.
Rappelons également que la Belgique s'est jointe à la procédure de l'Afrique du Sud accusant Israël de violation de la convention sur le génocide, rejoignant une coalition de pays dont l'Irlande, l'Espagne et la Turquie.