Un rapport du Comité des présidents d'universités israéliennes (VERA) dresse un tableau alarmant. Publié ce jeudi, le rapport du VERA couvre la période d'octobre 2025 à avril 2026 et confirme que le cessez-le-feu à Gaza n'a pas suffi à freiner la vague de boycott d'Israël dans les universités.
« L'hypothèse de travail initiale selon laquelle le cessez-le-feu à Gaza réduirait les manifestations de boycott ne se réalise absolument pas », écrivent les auteurs du document. Pire encore les organisations pro-boycott ont su s'adapter avec une rapidité remarquable aux nouvelles configurations géopolitiques, intégrant dans leur argumentaire la guerre contre l'Iran et les opérations israéliennes au Liban.
Sur l'ensemble de la période analysée, 1 120 plaintes pour boycott ont été enregistrées, soit une hausse de 66 % par rapport à la première année de la guerre.
L'indicateur le plus préoccupant du rapport est la flambée des tentatives visant à exclure Israël du programme Horizon Europe, le programme de recherche et d'innovation phare de l'Union européenne, doté d'un budget de plus de 95 milliards d'euros.
Ces tentatives ont bondi de 150 % sur la période étudiée. Or, les accords d'association d'Israël à Horizon arrivent à renouvellement en 2027-2028. Le VERA avertit explicitement que les pressions actuelles font peser un risque réel sur ce renouvellement, et que les partenariats bilatéraux avec des pays d'Asie ou d'Europe ne constituent pas un substitut viable à un programme de recherche structuré et pionnier comme Horizon.
Le rapport détaille la morphologie des incidents signalés :
41 % des cas concernent la suspension explicite de coopérations scientifiques
29 % impliquent des perturbations physiques de conférences et de colloques
9 % comportent des remarques ouvertement antisémites ou des atteintes à des financements de recherche
Une évolution structurelle majeure est également signalée : alors qu'en 2024-2025 le boycott ciblait principalement des chercheurs à titre individuel (57 % des cas), les données récentes montrent un glissement vers les institutions académiques et les associations professionnelles comme cibles prioritaires. Le boycott devient ainsi plus systémique et potentiellement plus durable.
Géographiquement, la Belgique reste numéro 1 du boycott des universités israéliennes, suivie des Pays-Bas, de l'Angleterre, de l'Espagne et de l'Italie, cette dernière enregistrant une forte progression.
L'équipe opérationnelle du VERA ne reste pas inactive. Elle a déployé des outils juridiques contre des institutions spécifiques en Europe, en collaboration avec des cabinets d'avocats à Bruxelles, et assure une veille en temps réel des réseaux de boycott.
Mais selon le rapport ces actions ne peuvent suffire sans un engagement gouvernemental structuré. Sans investissement soutenu dans la diplomatie académique, la communication internationale et le renforcement des partenariats existants, Israël risque de se retrouver progressivement exclu du cercle des nations scientifiques de premier plan, avec des conséquences que le VERA qualifie d'« irréversibles » pour son statut de Start-Up Nation.
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