Les principales organisations juives de New York ont annoncé qu’elles boycotteraient la cérémonie organisée ce mardi par le maire Zohran Mamdani à l’occasion du Mois du patrimoine juif américain.
Présenté par l’administration municipale comme une « célébration pré-Chavouot en l’honneur du Mois du patrimoine juif américain », l’événement devait réunir plusieurs représentants communautaires à Gracie Mansion. Mais l’UJA-Federation of New York ainsi que le Jewish Community Relations Council of New York, deux des plus influentes institutions juives de la ville, ont fait savoir qu’elles ne seraient pas présentes.
Dans une déclaration relayée par le New York Post, l’UJA-Federation a justifié son absence en accusant le maire de remettre en cause un élément central de l’identité juive contemporaine : la reconnaissance d’Israël comme État du peuple juif.
Le rabbin Joseph Potasnik, figure du New York Board of Rabbis, a également indiqué qu’il ne participerait pas à la cérémonie. À l’inverse, le rabbin David Niederman, représentant de la communauté hassidique Satmar, a confirmé sa présence.
Cette controverse s’inscrit dans un climat tendu. Quelques jours plus tôt, une vidéo publiée par l’équipe du maire à l’occasion de la Journée de la Nakba avait provoqué de vives réactions au sein de plusieurs organisations juives. Celles-ci reprochaient au contenu une lecture jugée partiale du conflit israélo-palestinien et une mise en cause implicite de la légitimité historique d’Israël.
Plusieurs organisations, dont l’American Jewish Committee, ont accusé la mairie d’avoir contribué à attiser les tensions en relayant un contenu considéré comme déséquilibré, dans un contexte déjà marqué par une hausse des actes hostiles visant des Juifs à New York et ailleurs.
L’Anti-Defamation League est allée plus loin, qualifiant la vidéo de « propagande » et dénonçant une initiative jugée inappropriée dans le contexte des commémorations de la Nakba, certaines manifestations ayant donné lieu à des slogans et symboles controversés.
Interrogé sur ces critiques, Zohran Mamdani a défendu la publication, affirmant qu’elle visait à donner la parole à un témoignage individuel sur l’exil palestinien. Il a reconnu une erreur factuelle concernant les dates évoquées dans la vidéo, tout en insistant sur son intention éditoriale.