« Le monde est au seuil d’un nouvel ordre. » Avec cette formule, Mohammad Bagher Ghalibaf, président du Parlement iranien et ancien commandant des Gardiens de la révolution, ne parle pas seulement de géopolitique. Il reprend le langage de Xi Jinping sur les « changements jamais vus depuis un siècle » pour inscrire l’Iran dans un récit plus large : celui d’un basculement contre l’ordre occidental, où les États-Unis, Israël et le sionisme sont présentés comme les piliers d’un même système de domination. Selon l’agence officielle IRNA, Ghalibaf affirme que les « 70 jours de résistance » de l’Iran auraient accéléré cette transformation.
Dans ce discours, alors qu’une partie de la société iranienne dénonce la répression, les restrictions et l’emprise du régime, Téhéran met en avant une lecture géopolitique plus large : celle d’une confrontation entre les peuples du « Sud global » et un Occident accusé de domination. Les revendications internes pour davantage de libertés passent ainsi au second plan, derrière un récit officiel centré sur la « résistance » iranienne et la naissance d’un nouvel ordre mondial.
C’est aussi là que le discours devient dangereux. Dans cette vision, l’Occident, Israël, le sionisme sont placés dans un même ensemble idéologique. Le régime iranien ne se contente pas de critiquer une politique israélienne : il construit un imaginaire de confrontation où Israël devient le symbole central d’un monde à abattre.
Mais ce récit détourne aussi l’attention de la nature autoritaire du régime iranien. Il peut séduire des publics marginalisés en Occident, qui y voient une revanche contre un système perçu comme injuste, sans toujours mesurer qu’il sert aussi à blanchir une dictature et à recycler une hostilité ancienne envers les Juifs.
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