Moyen-Orient

Iran : la Turquie aurait fait échouer le plan impliquant le retour au pouvoir d'Ahmadinejad

Le succès du plan reposait notamment sur une initiative impliquant les Kurdes, ce sur quoi Erdogan a posé son veto

3 minutes
2 juin 2026

ParJohanna Afriat

Iran : la Turquie aurait fait échouer le plan impliquant le retour au pouvoir d'Ahmadinejad
Mahmoud Ahmadinejad Photo : Wikipedia

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L'ancien chef du renseignement militaire israélien, le général de division (réserviste) Tamir Heyman qui a été actif durant l'opération "Rugissement du lion", a confirmé l'existence d'un projet américano-israélien visant à favoriser un changement de régime en Iran, dans lequel l'ancien président iranien Mahmoud Ahmadinejad devait jouer un rôle central. Selon lui, cette initiative n'a pas abouti en raison de l'opposition du président turc Recep Tayyip Erdogan.

Dans un entretien accordé à la chaîne américaine PBS, Heyman est revenu sur les révélations publiées le mois dernier par le New York Times concernant des discussions menées entre Washington et Jérusalem autour d'un scénario alternatif au pouvoir en place à Téhéran.

Selon l'ancien responsable du renseignement, Ahmadinejad faisait partie d'un ensemble plus vaste d'opérations destinées à remodeler l'équilibre régional. « Une série d'opérations spéciales et très particulières était prévue, et Ahmadinejad faisait partie de cette séquence », a-t-il expliqué, précisant que plusieurs éléments du projet demeurent encore confidentiels.

Le rôle clé de la question kurde

D'après Heyman, le succès du plan reposait notamment sur une initiative impliquant les Kurdes, considérée comme l'étape décisive de l'opération. C'est sur ce point que le président turc serait intervenu.

« Erdogan considérait toute avancée vers la création d'un État kurde comme une menace stratégique pour la Turquie », a-t-il affirmé. « Il a convaincu Donald Trump qu'un tel projet allait à l'encontre des intérêts turcs et qu'il ne devait pas être soutenu. »

Selon Heyman, cette pression exercée par Ankara a contribué à convaincre le président américain d'abandonner l'ensemble de l'initiative, entraînant ainsi l'échec du projet.

L'idée de voir Mahmoud Ahmadinejad associé à un plan de transition politique en Iran a surpris de nombreux observateurs. Président de la République islamique entre 2005 et 2013, Ahmadinejad s'était illustré par des déclarations virulentes contre Israël, des propos négationnistes et une rhétorique régulièrement dénoncée comme antisémite.

« Trump a surpris Israël »

L'ancien chef du renseignement a également contesté l'idée selon laquelle Israël aurait poussé les États-Unis à engager la dernière confrontation directe avec l'Iran.

Selon lui, la dynamique serait venue de Washington. Heyman estime que le succès perçu d'opérations américaines menées ailleurs, notamment au Venezuela, aurait renforcé la confiance de Donald Trump et influencé sa posture face à Téhéran.

« Beaucoup pensent qu'Israël a convaincu Trump d'attaquer l'Iran. Ce n'est pas exact », a-t-il déclaré. « Lorsque Trump a commencé à évoquer publiquement une intervention lors des manifestations populaires en Iran, cela a surpris les responsables israéliens. »

D'après Heyman, les autorités israéliennes ne disposaient alors d'aucun plan opérationnel immédiat contre l'Iran. L'annonce de la position américaine aurait contraint Jérusalem à accélérer ses préparatifs stratégiques.

« Début janvier, rien n'était planifié du côté israélien. La décision américaine a modifié la donne et a conduit à une nouvelle phase de coordination et de préparation », a-t-il conclu.

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