Onze ans après l’un des épisodes les plus traumatisants de l’histoire récente de Jérusalem, la municipalité a décidé de rendre hommage à Shira Banki, l’adolescente de 15 ans assassibée lors de la Marche des fiertés du 30 juillet 2015. Une rue, une place ou un autre espace public du centre-ville devrait donc prochainement porter son nom. Une décision qui revêt une portée particulière dans une ville où les questions liées à la coexistence, à la tolérance et aux droits des minorités demeurent sensibles.
Le 30 juillet 2015, Shira Banki participait à la Marche des fiertés de Jérusalem. Elle n’était pas venue pour défendre une cause personnelle, mais par conviction, afin de soutenir les principes d’égalité, de respect et de liberté. Au cours du défilé, un extrémiste orthodoxe, Yishaï Schlissel, s’était jeté sur les participants avec un couteau, blessant plusieurs personnes. Shira avait succombé à ses blessures quelques jours plus tard.
L’attaque avait provoqué une immense émotion en Israël et à l’étranger. Elle avait également soulevé de nombreuses interrogations sur la montée de l’extrémisme et sur la capacité de la société israélienne à protéger ceux qui défendent la diversité et la tolérance.
La décision municipale n’a toutefois pas fait l’unanimité. Une commission chargée des dénominations de rues avait initialement recommandé de rejeter la proposition, estimant qu’il n’était pas approprié de distinguer une victime parmi les nombreuses personnes tuées à Jérusalem au fil des années. Malgré cet avis et l’opposition de plusieurs élus orthodoxes, le conseil municipal a finalement approuvé le projet.
Pour les défenseurs de l’initiative, cet hommage dépasse largement le cadre de la communauté LGBT+. Il s’agit de rappeler qu’une jeune fille a été assassinée parce qu’elle avait choisi de soutenir le droit de chacun à vivre librement, sans discrimination ni violence.
Dans son communiqué, la municipalité souligne que Shira Banki était animée par des valeurs de respect des droits de l’homme, de tolérance et d’acceptation de l’autre. Son assassinat, rappelle-t-elle, a mis en lumière les dangers que représentent les discours de haine et les dérives extrémistes au sein de la société.