Culture

Un rare rouleau de Torah séfarade du XIIIe siècle exposé à Tel-Aviv

Le musée ANU présente au public des feuillets exceptionnels provenant de l’un des plus anciens rouleaux de Torah séfarades connus, datant de l’Espagne médiévale, avant l’expulsion des Juifs en 1492.

2 minutes
5 juin 2026

ParNathalie Sosna Ofir

Un rare rouleau de Torah séfarade du XIIIe siècle exposé à Tel-Aviv
Feuillets d’un rare rouleau de Torah séfarade datant de la fin du XIIIe ou du début du XIVe siècle, exposés au musée ANU de Tel-Aviv, Crédit : Itzick Biran / ANU – Musée du Peuple juif.

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Originaires de l’Espagne médiévale, ces parchemins figurent parmi les cinq plus anciens rouleaux de Torah espagnols connus à ce jour. Ils contiennent notamment des passages du Livre de la Genèse, et offrent un témoignage exceptionnel des traditions scribales juives en vigueur avant l’expulsion des Juifs d’Espagne à la suite de l’Inquisition.

L’une des particularités de ces feuillets, la présence de formes de lettres inhabituelles et de signes décoratifs aujourd’hui disparus. Ces éléments n’étaient pas seulement ornementaux : ils reflétaient des traditions anciennes attribuant aux lettres une dimension spirituelle, interprétative et parfois mystique.

Les parchemins portent également les traces de plusieurs siècles d’utilisation. Corrections, réparations et interventions successives témoignent du fait que le rouleau a servi de nombreuses générations de fidèles avant d’être finalement retiré de l’usage liturgique. Seuls quelques feuillets ont survécu jusqu’à nos jours.

Prêtés au musée par la collection de la famille Feld, ces documents constituent un témoignage précieux du patrimoine juif médiéval.

Pour Oded Revivi, directeur général du musée ANU, cette exposition possède une portée particulière : « Au-delà de sa valeur historique exceptionnelle, ce rouleau rappelle que la Torah a toujours été un point de rencontre entre identité, mémoire et créativité juives. ». Il permet aussi de redécouvrir « les traditions d’écriture, les secrets de la calligraphie et l’univers spirituel du judaïsme espagnol à l’époque des Richonim.

À l’heure du numérique, souligne la conservatrice en chef du musée, la Dr Orit Shaham-Gover « le contact direct avec un parchemin vieux de plus de sept siècles offre un lien tangible avec les communautés juives qui ont transmis leur héritage de génération en génération.»

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