Un document officiel de l'Association nationale des policiers musulmans (NAMP) du Royaume-Uni, désormais retiré d'Internet, provoque un tollé au sein de la communauté juive britannique. Révélé par le Daily Mail, ce texte qualifie Israël d'« organisation terroriste sioniste », décrit le sionisme comme une forme de « haine anti-musulmane » et met en doute la véracité des atrocités commises par le Hamas le 7 octobre 2023.
Signé par Khaledun Kabbani, alors président de la NAMP, le texte avait initialement été rédigé en réponse à la montée de l'islamophobie en Grande-Bretagne. Mais son contenu va bien au-delà : à propos du 7 octobre 2023, il affirme qu'Israël « a commencé à diffuser des récits sensationnalistes et non vérifiés d'actes de violence commis par le Hamas, notamment des décapitations et des attaques ». Il accuse par ailleurs les « sionistes » d'instrumentaliser la mémoire de la Shoah pour justifier leur lecture du conflit israélo-palestinien.
Le document avait été signalé une première fois l'an dernier par le magazine conservateur The Spectator, avant d'être discrètement supprimé du site de l'organisation. C'est sa remise en lumière par le Daily Mail qui a déclenché la polémique actuelle.
Des liens avec une douzaine de forces de police
Ce qui aggrave la portée de l'affaire, c'est l'ancrage institutionnel de la NAMP : l'organisation est liée à plus d'une douzaine de forces de police britanniques, dont la police du Grand Manchester, la police écossaise, celle des West Midlands et du West Yorkshire. Le Collège de police, organisme indépendant chargé de définir les standards déontologiques de l'ensemble des forces de l'ordre du pays, avait lui-même décrit la NAMP comme « un élément important des forces de police, jouant un rôle essentiel dans le soutien des effectifs ».
Cette reconnaissance officielle rend d'autant plus délicate la question de la neutralité que l'on est en droit d'attendre des policiers membres de cette association dans leurs interactions avec la communauté juive.
La Campagne contre l'antisémitisme a immédiatement réclamé l'ouverture d'une enquête officielle et la révocation des policiers ayant participé à la rédaction du document. Son responsable des enquêtes, Stephen Silverman, a déclaré : « Les personnes responsables de cette abomination extrémiste sur le site officiel de la police britannique ne peuvent pas exercer la fonction de policier. Elles doivent faire l'objet d'une enquête immédiate et être révoquées. »