L'Intelligence artificielle (IA) s'installe peu à peu dans nos vies quotidiennes. Une étude inédite publiée conjointement par la Banque d'Israël et l'Institut israélien pour la démocratie dresse un état des lieux du rapport des Israéliens à ce nouvel outil technologique. Cette étude constitue le premier sondage de cette envergure réalisé en Israël sur le sujet.
Elle établit que 57 % des salariés utilisent un outil d'IA au moins une fois par semaine dans leur travail, tandis que 75 % déclarent y recourir dans leur vie personnelle. Ce dernier chiffre suggère un potentiel d'adoption professionnelle encore supérieur à ce que les chiffres actuels laissent paraître. Parmi les non-utilisateurs, la raison la plus fréquemment avancée est l'absence de besoin perçu pour leurs tâches quotidiennes.
L'enquête met en évidence des disparités significatives selon les profils. Les travailleurs de moins de 45 ans, diplômés du supérieur et employés dans le secteur high-tech affichent les taux d'utilisation les plus élevés. À l'inverse, les travailleurs appartenant à la communauté orthodoxe présentent des taux d'adoption nettement inférieurs à la moyenne, un écart qui persiste même après correction des variables liées au profil individuel et à l'environnement professionnel, ce qui suggère des facteurs culturels ou communautaires spécifiques.
Si 59 % des employeurs autorisent l'utilisation de l'IA et qu'environ la moitié l'encouragent activement, 40 % des salariés déclarent que leur entreprise ne dispose d'aucune politique claire en la matière. Ce flou organisationnel se reflète dans les pratiques : 75 % des utilisateurs recourent principalement à des versions gratuites des outils disponibles, réputées moins performantes et moins précises que leurs équivalents professionnels, ce qui limite mécaniquement l'impact de la technologie sur la productivité.
Malgré ce cadre encore peu structuré, 34 % des utilisateurs de l'IA déclarent constater une amélioration significative de leurs performances professionnelles. L'étude établit par ailleurs un lien direct entre un environnement organisationnel favorable (formation, encouragement, politique claire) et l'intensité des bénéfices perçus.
L'un des chiffres les plus notables de cette étude concerne la concurrence que l'IA peut représenter sur l'emploi: la crainte de perdre son emploi à cause de l'IA dans les deux à trois prochaines années reste marginale, à seulement 15 % des répondants.
Enfin, 82 % des travailleurs interrogés souhaitent apprendre ou améliorer leurs compétences en matière d'outils d'IA, avec une préférence nette pour des formations dispensées durant les heures de travail.