Israël

Le tribunal impose au ministère de l'Éducation la poursuite du dialogue avec les familles palestiniennes

Le ministre Yoav Kisch a qualifié la décision de ''scandaleuse''.

3 minutes
15 juin 2026

ParGuitel Benishay

Le tribunal impose au ministère de l'Éducation la poursuite du dialogue avec les familles palestiniennes
Le ministre Yoav Kisch. Photo by Chaim Goldberg/Flash90

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Le ministère de l'Éducation a décidé de retirer de la base de données officielle des ressources pédagogiques agréées les rencontres entre des lycéens israéliens et des familles palestiniennes dont l'un des membres a été tué par l'armée israélienne. Il a été constaté que certains propos tenus dans ce cadre présentaient les soldats de Tsahal comme des auteurs de violences contre des innocents, et que le programme mettait sur le même plan le deuil israélien et le deuil palestinien d'une manière jugée inadaptée.

Le Forum des familles endeuillées israélo-palestinien et l'Association pour les droits civils en Israël ont contesté cette décision en justice. Ce dimanche, le juge Avraham Rubin leur a donné raison.

Dans son arrêt, le juge Rubin a estimé que le ministère n'avait pas fourni de base factuelle et juridique suffisante pour justifier l'exclusion du programme. Il a notamment relevé que le ministère avait ignoré les retours positifs des établissements, les témoignages de chefs d'établissement favorables, ainsi que des rapports de suivi ne faisant état d'aucun manquement significatif.

Plus fondamentalement, le tribunal a posé un principe : aborder des sujets complexes et controversés fait partie du rôle de l'école. Le simple fait qu'un programme suscite la controverse ou donne à entendre ''la douleur des deux côtés'' du conflit ne suffit pas à le disqualifier. Le juge a également rejeté l'argument selon lequel le programme établirait une équivalence illégitime entre les deux deuils, considérant qu'il se concentre sur la souffrance humaine et le dialogue et non sur la remise en cause de la légitimité de l'État ou de l'armée israélienne.

Le ministère a en outre été condamné à verser 20 000 shekels de frais de justice aux requérantes.

Le ministre de l'Éducation Yoav Kisch n'a pas caché son indignation. Il a qualifié la décision de « scandaleuse et méprisable », affirmant que le tribunal cherchait à « imposer au système éducatif une organisation regroupant des familles de terroristes ». Il a annoncé qu'il continuerait à se battre « de toutes ses forces » pour maintenir ce programme hors des écoles, ajoutant une critique acerbe à l'égard du juge : celui-ci s'était précédemment récusé pour conflit d'intérêts lié à ce même dossier, avant d'être réintégré par la Cour suprême et de statuer finalement en faveur des requérantes.

L'organisation Betsalmo, partie prenante à la procédure, a abondé dans ce sens, dénonçant une décision « délirante » rendue par un juge « déconnecté du public et de la réalité, même après le 7 octobre ». Elle a notamment reproché au tribunal d'avoir ignoré le fait que le Forum aurait accueilli lors d'une cérémonie du Jour du souvenir la mère d'un terroriste ayant publiquement soutenu les actes de son fils.

Le ministère de l'Éducation a laissé entendre qu'il prendrait de nouvelles mesures dès la rentrée prochaine pour tenir le programme à l'écart des établissements.

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