Dans une analyse publiée par le média spécialisé Modern Diplomacy, média spécialisé dans les relations internationales et la géopolitique, le géopoliticien Ricardo Martins considère que Téhéran est en train de passer d’une logique de survie à une logique d’affirmation régionale. Selon lui, la République islamique n’apparaît plus comme un régime assiégé mais comme un acteur capable d’influencer durablement l’équilibre du Moyen-Orient.
L’analyste souligne que l’influence iranienne continue de s’appuyer sur un réseau régional composé notamment du Hezbollah au Liban et des Houthis au Yémen. Malgré les affrontements des derniers mois, ces relais permettraient à Téhéran de conserver une capacité de projection et d’influence allant du Golfe persique jusqu’à la Méditerranée.
Cette lecture est partagée par plusieurs commentateurs du monde arabe. Dans un éditorial particulièrement sévère à l’égard de Jérusalem, Arab News, principal quotidien saoudien anglophone estime que l’accord représente avant tout un revers stratégique pour Israël. Le quotidien affirme que Benyamin Netanyahu a assisté en spectateur à des négociations conduites par Washington sans véritable prise en compte des préoccupations israéliennes.
Pour les auteurs de l’éditorial, Donald Trump aurait choisi de privilégier un règlement diplomatique avec l’Iran, même au prix de concessions jugées inacceptables par une partie de l’establishment sécuritaire israélien. Cette situation illustrerait, selon eux, les limites de l’influence israélienne sur les décisions de la Maison-Blanche.
Si les interprétations divergent quant aux conséquences réelles du mémorandum, une idée revient dans plusieurs analyses : l’Iran est parvenu à préserver son régime, à éviter une confrontation directe de grande ampleur et à revenir au centre du jeu diplomatique régional. Une évolution qui nourrit les inquiétudes de ceux qui considèrent que les objectifs affichés au début du conflit sont loin d’avoir été atteints.