France

Procès pour injure publique : Aymeric Caron relaxé face à Rachel Khan

Le député apparenté La France insoumise (LFI) était poursuivi par l’écrivaine et chroniqueuse Rachel Khan pour injure publique à caractère raciste et antisémite.

2 minutes
17 juin 2026

ParGuitel Benishay

Procès pour injure publique : Aymeric Caron relaxé face à Rachel Khan
Photo: Pierre-Yves Beaudouin https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0/deed.en

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Les juges de la 14e chambre du tribunal de Nanterre ont estimé que les propos reprochés à Aymeric Caron relevaient de la critique politique et non de l'attaque personnelle ou raciale.

Le conflit trouve son origine dans une publication d'Aymeric Caron sur le réseau social X. Le député y fustigeait une intervention de Rachel Khan sur les ondes d'Europe 1, au cours de laquelle l'éditorialiste s'était prononcée contre un cessez-le-feu immédiat dans la Bande de Gaza. En réaction, Aymeric Caron avait assimilé le ton de la chroniqueuse à celui de « Radio Mille Collines », la tristement célèbre antenne rwandaise ayant incité au génocide des Tutsis en 1994.

S'estimant directement visée par cette analogie, Rachel Khan qui est petite-fille de déporté et d'origine gambienne avait déposé une plainte avec constitution de partie civile. Pour la chroniqueuse et ses conseils, la formule utilisée constituait une injure d'une violence extrême, l'accusant implicitement de complicité de génocide en raison de ses origines et de sa confession.

La défense d'Aymeric Caron a plaidé la liberté d'expression et la critique politique. Le député a réaffirmé que son message ciblait exclusivement la ligne éditoriale d'Europe 1 et le positionnement idéologique de son interlocutrice, sans aucune considération pour sa couleur de peau ou sa religion.

La partie civile, à l'inverse, a dénoncé une rhétorique d'intimidation et un « dog whistle » (un message codé) destiné à jeter Rachel Khan à la vindicte populaire dans un contexte géopolitique hautement inflammable.

Dans son délibéré, le tribunal correctionnel n'a pas suivi les réquisitions de la plaignante. Les magistrats ont considéré que l'expression « Radio Mille Collines » visait le discours médiatique global de la station et ne revêtait pas de caractère raciste ou antisémite à l'égard de l'éditorialiste.

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