France

France : l'ambassadeur d'Israël accusé de s'ingérer dans la vie politique

Le parti LFI a officiellement demandé la convocation de l'ambassadeur au Quai d'Orsay.

3 minutes
7 juin 2026

ParJohanna Afriat

France : l'ambassadeur d'Israël accusé de s'ingérer dans la vie politique
Joshua Zarka Phoot : Ministère des Affaires étrangères israélien

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Des déclarations de Joshua Zarka, ambassadeur d'Israël en France, sont à l'origine d'une polémique dans l'Hexagone. On reproche au diplomate invité jeudi dans l'émission Complément d'enquête sur France 2 d'avoir franchi une ligne pour un représentant officiel en poste à l'étranger en affichant publiquement ses préférences électorales pour la présidentielle française de 2027.

Interrogé sur la succession d'Emmanuel Macron, Joshua Zarka ne s'est pas prononcé entre les candidats du bloc central et ceux du Rassemblement national : « Je n'ai aucune position à ce sujet », a-t-il répondu, estimant que « le RN a changé », et citant en exemple la visite de Bardella en Israël et ses déclarations solennelles contre l'antisémitisme.

Mais lorsqu'il a été question de Jean-Luc Mélenchon, le diplomate a répondu : « Je préférerais que ce soit n'importe qui » plutôt que le leader de La France insoumise.

Ces propos ont d'autant plus retenu l'attention que Joshua Zarka avait rencontré Marine Le Pen mi-avril, rompant ainsi avec le cordon sanitaire qui prévalait traditionnellement dans la diplomatie israélienne vis-à-vis de l'extrême droite française. Fin avril, il avait également été reçu à Menton par la maire issue du RN, Alexandra Masson.

Un tollé à gauche, le silence à droite

La réaction ne s'est pas fait attendre du côté de LFI. Le coordinateur national Manuel Bompard a dénoncé sur X « une ingérence étrangère revendiquée », appelant les autorités françaises à « réagir et condamner ce type de prises de position ». Son collègue député Paul Vannier a interpellé directement les ministres des Affaires étrangères et de l'Intérieur : « Jean-Noël Barrot a-t-il un avis ? Et Laurent Nuñez, soi-disant en charge de la lutte contre les ingérences étrangères ? » Le parti a par ailleurs officiellement demandé la convocation de l'ambassadeur au Quai d'Orsay.

À gauche, l'indignation a été largement partagée. Le premier secrétaire du PS Olivier Faure a dénoncé une « ingérence inacceptable », sans se dire surpris : « Personne n'est étonné de voir un envoyé de Netanyahou assumer ses liens avec l'extrême droite française. » Le communiste Ian Brossat a quant à lui ironisé : « L'internationale d'extrême droite sait reconnaître les siens. »

À droite et au centre, en revanche, les voix critiques se sont faites rares. Seule l'eurodéputée Nathalie Loiseau (Horizons) a pris la peine de se démarquer, qualifiant l'intervention de Zarka d'« ingérence manifeste dans notre vie politique intérieure, totalement inappropriée et totalement inacceptable ».

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