Des déclarations de Joshua Zarka, ambassadeur d'Israël en France, sont à l'origine d'une polémique dans l'Hexagone. On reproche au diplomate invité jeudi dans l'émission Complément d'enquête sur France 2 d'avoir franchi une ligne pour un représentant officiel en poste à l'étranger en affichant publiquement ses préférences électorales pour la présidentielle française de 2027.
Interrogé sur la succession d'Emmanuel Macron, Joshua Zarka ne s'est pas prononcé entre les candidats du bloc central et ceux du Rassemblement national : « Je n'ai aucune position à ce sujet », a-t-il répondu, estimant que « le RN a changé », et citant en exemple la visite de Bardella en Israël et ses déclarations solennelles contre l'antisémitisme.
Mais lorsqu'il a été question de Jean-Luc Mélenchon, le diplomate a répondu : « Je préférerais que ce soit n'importe qui » plutôt que le leader de La France insoumise.
Ces propos ont d'autant plus retenu l'attention que Joshua Zarka avait rencontré Marine Le Pen mi-avril, rompant ainsi avec le cordon sanitaire qui prévalait traditionnellement dans la diplomatie israélienne vis-à-vis de l'extrême droite française. Fin avril, il avait également été reçu à Menton par la maire issue du RN, Alexandra Masson.
Un tollé à gauche, le silence à droite
La réaction ne s'est pas fait attendre du côté de LFI. Le coordinateur national Manuel Bompard a dénoncé sur X « une ingérence étrangère revendiquée », appelant les autorités françaises à « réagir et condamner ce type de prises de position ». Son collègue député Paul Vannier a interpellé directement les ministres des Affaires étrangères et de l'Intérieur : « Jean-Noël Barrot a-t-il un avis ? Et Laurent Nuñez, soi-disant en charge de la lutte contre les ingérences étrangères ? » Le parti a par ailleurs officiellement demandé la convocation de l'ambassadeur au Quai d'Orsay.