C’est l’un des moments les plus tendus de la dernière escalade entre Israël, l’Iran et le Hezbollah. Il y a environ trois semaines, après une frappe de Tsahal dans la Dahiyeh, le bastion du Hezbollah à Beyrouth, l’Iran avait lancé plusieurs missiles sol-sol vers Israël, dans une attaque directement liée au front libanais.
Selon le général Omer Tischler, commandant de l’armée de l’air israélienne, la défense aérienne a intercepté les menaces pertinentes et aucun blessé n’a été signalé en Israël. Mais au même moment, Tsahal préparait déjà une riposte beaucoup plus large.
Dans une lettre adressée au personnel de l’armée de l’air, Omer Tischler révèle que l’ensemble de l’aviation israélienne était prêt à décoller pour frapper des centaines de cibles au cœur de l’Iran. Les appareils avaient été armés, les plans finalisés et les équipages briefés.
« Toute l’armée de l’air était prête à décoller pour une large vague de frappes. Nous étions à quelques heures de l’ordre de départ, avec des centaines de cibles au cœur de l’Iran. L’attaque a été stoppée alors que nous étions encore en briefing dans les escadrons, une heure seulement avant le décollage », a-t-il écrit.
Avant cette annulation, Tsahal avait déjà mené une première frappe en Iran, à environ 1 500 kilomètres d’Israël. Selon Tischler, plusieurs dizaines de cibles avaient été touchées, notamment des éléments de la défense aérienne iranienne et d’autres infrastructures du régime.
La seconde vague devait être bien plus importante. Elle a finalement été stoppée au dernier moment, sur fond de pression américaine. Selon des informations publiées à l’époque, Donald Trump avait eu ce soir-là un échange tendu avec Benjamin Netanyahou, l’avertissant qu’Israël risquait de se retrouver seul en cas de poursuite de l’escalade.
Dans sa lettre, le commandant de l’armée de l’air affirme que la campagne contre l’Iran a tout de même permis de porter des coups sévères à la direction iranienne, à ses capacités de défense et d’attaque, à certains éléments de son programme nucléaire, à son économie, à sa chaîne de commandement et à son industrie militaire.
Il ajoute que l’armée de l’air continue de travailler avec le commandement nord pour garantir la sécurité des habitants du nord d’Israël, alors que le Hezbollah reste au cœur de l’équation entre Beyrouth, Téhéran et Jérusalem.
