Selon la société Leader Capital Markets, le boom de l'IA avait largement contribué au renforcement du shekel ces derniers mois. En cause notamment, Mellanox, la filiale israélienne de Nvidia, qui exporte chaque année près de 20 milliards de dollars. Pour s'acquitter de ses impôts en Israël, l'entreprise convertit une partie importante de ces revenus en shekels, soutenant ainsi la monnaie israélienne.
Mais le mécanisme fonctionne également en sens inverse. La semaine dernière, l'indice mondial des semi-conducteurs SOX a chuté de 8 %, entraînant un recul des valeurs technologiques à travers le monde, y compris à la Bourse de Tel-Aviv. Cette correction a affaibli le shekel face au dollar.
À cette évolution s'ajoute un facteur géopolitique. Les économistes soulignent que le shekel s'est déprécié non seulement face au dollar, mais aussi vis-à-vis d'autres devises, signe que les investisseurs exigent une prime de risque plus élevée en raison des tensions régionales.
Pour les consommateurs israéliens, un dollar plus fort signifie des voyages à l'étranger, des achats en ligne et des dépenses libellées en devise américaine plus coûteux. À plus long terme, le renchérissement du dollar pourrait également peser sur le prix des produits importés.
Les marchés attendent désormais la décision de la Banque d'Israël prévue la semaine prochaine. Plusieurs économistes anticipent une baisse de 0,25 point du taux directeur, de 3,75 % à 3,5 %. Toutefois, la faiblesse du shekel pourrait inciter la banque centrale à la prudence, un dollar plus fort risquant d'alimenter l'inflation en augmentant le coût des importations.