Le programme du ''Panier d'Israël'', mis en place par Nir Barkat, ministre de l'Economie, montre ses limites, deux mois après son lancement.
Le principe du programme est simple : la chaîne Carrefour s'est engagée à vendre un panier fixe de 100 produits courants pour 1 098 shekels, contre un prix moyen d'environ 1 700 shekels avant le lancement, soit une économie théorique de plus de 600 shekels. En contrepartie, l'État a mis sur la table un budget publicitaire de 50 millions de shekels accordé à l'enseigne. Le dispositif, prévu pour durer six mois, est déployé dans 50 magasins du réseau ainsi que sur son site de vente en ligne.
Deux mois après le lancement, une équipe de chercheurs de la faculté de management Coller de l'université de Tel-Aviv a procédé à une analyse des effets réels du programme. Leur travail s'appuie sur les relevés quotidiens de prix de la plateforme Pricez, issus d'environ 70 enseignes et de plus de 2 000 points de vente à travers tout le pays, couvrant les sept premières semaines de l'initiative.
Sur les 100 produits du panier, le bilan est incontestablement positif : les prix ont reculé d'environ 35 % dans les magasins participants et de 37 % en ligne. L'effet s'est même propagé aux succursales Carrefour non officiellement incluses dans le programme, où une baisse d'environ 6 % a également été constatée.
Sur le reste des produits, le tableau est nettement moins flatteur. Parmi 86 produits populaires non couverts par le programme, les chercheurs observent une hausse moyenne de 1,5 % en magasin et de 2 % sur le site en ligne. De plus, en analysant les 76 catégories de produits auxquelles appartiennent les articles du panier, des hausses ont été relevées dans 46 d'entre elles en magasin. La tendance est encore plus marquée en ligne : 55 catégories sur 76 ont enregistré des augmentations.
L'étude pointe également l'absence de réaction des concurrents : aucune différence de prix n'a été constatée entre les villes disposant d'un magasin Carrefour participant et celles qui n'en ont pas, ce qui suggère que les grandes enseignes fixent leur politique tarifaire à l'échelle nationale et non au niveau local.