Economies & sciences

Bill Ackman voit-il juste ? Pourquoi le milliardaire américain continue de miser sur Israël

Malgré la guerre et une Bourse déjà en forte hausse, Bill Ackman estime que l’économie israélienne n’a pas encore révélé tout son potentiel.

2 minutes
23 juin 2026

ParDelphine Miller

Bill Ackman voit-il juste ? Pourquoi le milliardaire américain continue de miser sur Israël
Bill Ackman_Wikipedia

Désolé, votre navigateur ne supporte pas la synthèse vocale.

ActuJ

Interrogé récemment sur la valorisation actuelle de la Bourse de Tel-Aviv, dont il détient environ 5 %, Bill Ackman n’a pas hésité à afficher son optimisme. Pour le fondateur du fonds Pershing Square, Israël représente ni plus ni moins que « la Silicon Valley transformée en pays ».

Selon lui, le pays concentre une densité exceptionnelle de talents, d’innovation et de propriété intellectuelle sur un territoire réduit. Il souligne également l’émergence d’une nouvelle génération d’Israéliens âgés de 24 à 28 ans, forgée par la guerre et dotée d’une expérience technologique unique acquise au sein de l’armée.

Ackman estime que l’écosystème israélien a changé de dimension. Là où de nombreux entrepreneurs vendaient autrefois rapidement leurs start-up à des géants étrangers, il voit désormais une volonté croissante de bâtir de grandes entreprises indépendantes depuis Israël. Il prédit même l’apparition prochaine d’une entreprise israélienne valorisée à plus de 1 000 milliards de dollars, probablement dans l’intelligence artificielle ou la cybersécurité.

Son optimisme repose aussi sur son propre investissement. En janvier 2024, Ackman et son épouse Neri Oxman ont acquis près de 5 % de la Bourse de Tel-Aviv pour environ 25 millions de dollars, à 20,60 shekels l’action. Depuis, la valeur de cette participation a été multipliée plusieurs fois, portée par la forte progression du marché israélien.

Le contexte financier renforce encore son pari. Au 23 juin 2026, le dollar s’échange autour de 2,99 shekels, un niveau qui confirme la solidité persistante de la devise israélienne malgré les tensions régionales. En mai, le shekel avait même atteint son plus haut niveau face au dollar depuis 1993, signe de la confiance retrouvée des marchés dans l’économie israélienne.

Malgré cette envolée, l’investisseur continue de considérer Israël comme une opportunité sous-évaluée. Sa conviction est telle qu’il a déjà évoqué son intention d’investir jusqu’à un milliard de dollars supplémentaire dans des entreprises israéliennes.

Pour Ackman, posséder une part de la Bourse de Tel-Aviv revient à détenir « une redevance sur le succès du capitalisme israélien ». Autrement dit, il ne parie pas seulement sur une action : il parie sur la capacité d’Israël à transformer sa résilience sécuritaire en puissance économique durable.