Politique

Europe-Israël : l’année électorale qui pourrait tout changer

Les prochaines échéances électorales dans trois des principales puissances de l'Union européenne pourraient influencer durablement les relations entre Bruxelles et Jérusalem. Entre montée des partis de droite, pression de l'opinion publique et débats sur d'éventuelles sanctions, Israël suit de près ces évolutions politiques.

3 minutes
28 juin 2026

ParDelphine Miller

Europe-Israël : l’année électorale qui pourrait tout changer
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La France, l'Espagne et l'Italie entreront dans une importante séquence électorale d'ici 2027. Pour Israël, l'enjeu dépasse largement la politique intérieure de ces pays : ensemble, ils comptent parmi les États les plus influents de l'Union européenne, premier partenaire commercial d'Israël, et participent directement aux décisions européennes en matière de diplomatie et de sanctions.

En Italie, Giorgia Meloni demeure aujourd'hui l'une des dirigeantes européennes les plus favorables à Israël. Son gouvernement contribue notamment, avec l'Allemagne, à empêcher la suspension de l'accord d'association entre l'Union européenne et Israël. Mais sa position se fragilise. Malgré une avance dans les sondages, la Première ministre fait face à une opposition renforcée, à une partie de son électorat déçue par les résultats économiques et migratoires, ainsi qu'à la montée d'une nouvelle formation de droite dirigée par l'ancien général Roberto Vannacci, susceptible de diviser son camp. Une victoire de la gauche entraînerait probablement la reconnaissance d'un État palestinien par Rome et un changement d'attitude envers Israël au sein des institutions européennes.

En Espagne, Pedro Sánchez est aujourd'hui l'un des dirigeants européens les plus critiques envers Israël. Son gouvernement a multiplié les initiatives diplomatiques contre Jérusalem, suspendu certaines coopérations et défendu plusieurs démarches hostiles au niveau européen. Cependant, les scandales de corruption qui touchent son entourage fragilisent son pouvoir. Les enquêtes visant son épouse, son frère et plusieurs proches alimentent les appels à des élections anticipées. Les sondages placent désormais le Parti populaire en tête. Une coalition avec Vox, formation ouvertement favorable à Israël, pourrait modifier sensiblement la politique espagnole, en mettant fin au soutien de Madrid à plusieurs initiatives internationales contre l'État hébreu.

La France se prépare quant à elle à l'élection présidentielle d'avril 2027. Emmanuel Macron ne pouvant briguer un troisième mandat, la succession reste totalement ouverte. Plusieurs candidats centristes sont évoqués, mais leur dispersion pourrait favoriser un duel entre Jordan Bardella, représentant du Rassemblement national, et Jean-Luc Mélenchon. Une victoire de la droite nationale conduirait à un net rapprochement avec Israël, tandis qu'un gouvernement dirigé par Mélenchon entraînerait une forte dégradation des relations bilatérales. D'ici là, Emmanuel Macron pourrait continuer à adopter un discours plus critique envers Israël, notamment sur la question de la reconnaissance d'un État palestinien, afin de peser sur son héritage diplomatique.

Des experts interrogés par Israel Hayom estiment toutefois que, quel que soit le résultat des élections, Israël devra également composer avec une opinion publique européenne de plus en plus critique. À mesure que les campagnes électorales approcheront, les gouvernements pourraient être tentés de durcir leur position afin de répondre aux attentes de leurs électeurs. Dans ce contexte, l'hypothèse de nouvelles sanctions européennes, notamment ciblées contre certains ministres israéliens ou liées aux violences en Judée-Samarie, est jugée plus crédible qu'au cours des trois dernières années.

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