La prochaine guerre ne se jouera pas seulement au sol, dans les airs ou en mer. Pour Tsahal, elle se jouera aussi dans l’espace.
L’armée israélienne accélère sa transformation technologique autour de quatre axes : satellites, intelligence artificielle, cyberdéfense et guerre électronique. Objectif : voir plus loin, communiquer plus vite et frapper plus précisément, y compris face à des menaces situées à des milliers de kilomètres d’Israël.
Cette nouvelle doctrine a été détaillée par la générale Yael Grosman, responsable de la Direction Technologie et Numérique de Tsahal, dans un entretien au Jerusalem Post. Selon elle, l’espace n’est plus seulement un outil d’observation : il devient une infrastructure opérationnelle centrale, indispensable au renseignement, aux communications et à la conduite des opérations.
Ces capacités ont déjà été utilisées lors des récentes opérations contre l’Iran. Les satellites israéliens ont capturé plus de 50 000 images de l’Iran durant la dernière guerre, contre environ 12 000 lors de l’opération précédente. Ces données ont permis d’identifier des cibles, de suivre leurs déplacements et d’alimenter les systèmes utilisés par l’armée de l’air, le renseignement militaire et les centres de commandement.
L’enjeu n’est plus seulement d’observer depuis l’espace, mais de créer une véritable chaîne numérique de combat. Les satellites transmettent des volumes massifs de données afin que les pilotes, les unités au sol et les états-majors disposent de la même image opérationnelle. Israël veut ainsi pouvoir traiter une menace lointaine, comme l’Iran, avec la rapidité d’un front proche.
La guerre électronique occupe aussi une place croissante dans cette stratégie. Tsahal affirme que le bataillon 5114, spécialisé dans le combat électromagnétique, a contribué à neutraliser environ 25 % des 1 100 drones lancés contre Israël. Contrairement à une interception classique, ces systèmes brouillent les communications ou la navigation des drones, les empêchant d’atteindre leur cible.
L’intelligence artificielle devient l’autre pilier de cette transformation. Fin 2025, Tsahal a créé une brigade dédiée à l’IA afin d’analyser plus rapidement les masses de données collectées par les satellites, les drones, les capteurs et les unités de renseignement. L’objectif est de réduire le délai entre la détection d’une cible et la décision opérationnelle.