Lors d’un rassemblement organisé lundi soir à Bnei Brak contre l’arrestation de jeunes orthodoxes refusant le service militaire, des propos particulièrement virulents visant le chef d’état-major ont provoqué une vive controverse au sein de la classe politique israélienne. Si de nombreuses personnalités de la coalition comme de l’opposition ont condamné ces déclaration.
La manifestation, à laquelle participaient également quatre députés du parti Shas, a été marquée par une intervention du rabbin Aryeh Yazdi, qui a déclaré : « Que le nom et la mémoire de ce maudit chef d’état-major soient effacés ! Il a fait emprisonner un soldat pour avoir porté un message messianique. Dans ce pays impur, l’armée enseigne les pires transgressions de la Torah. »
Après plusieurs heures de silence qui lui ont été vivement reprochées, Benyamin Netanyahou a lui aussi condamné ces propos : « Je condamne fermement les déclarations honteuses faites hier soir à Bnei Brak à l’encontre du chef d’état-major. Même en cas de divergences d’opinions, il n’y a pas de place pour des propos incendiaires et l'incitation contre Tsahal et ses commandants qui nous protègent tous. »
Le ministre de la Défense, Israel Katz, a fermement condamné ces propos. « Le chef d’état-major et les commandants de Tsahal dirigent nos combattants sur tous les fronts pour défendre l’État d’Israël et assurer la sécurité de ses citoyens. Toute incitation à leur encontre est inacceptable, dangereuse et mérite d’être condamnée sans réserve », a-t-il déclaré. Il a ajouté que, même en période de profond désaccord politique, « les lignes rouges de l’incitation à la haine ne doivent jamais être franchies ».
Le président de l’État, Isaac Herzog, a lui aussi dénoncé des propos « choquants ». « Même en période de profonde controverse, les insultes et les propos dénigrants n’ont pas leur place, en particulier lorsqu’ils visent le commandant de Tsahal et les soldats qui défendent le pays », a-t-il affirmé, appelant les responsables politiques à faire preuve de responsabilité dans leur discours public.
L’opposition s’est également saisie de l’affaire. Le chef de l’opposition, Yaïr Lapid, a accusé le gouvernement de passivité face à ce qu’il qualifie d’« incitation à la violence » contre les soldats. « Les orthodoxes attisent la haine contre le chef d’état-major, tandis que Netanyahou et ses ministres gardent le silence. Nos soldats sont des héros, ce gouvernement est composé de lâches », a-t-il lancé.
De son côté, Naftali Bennett a ciblé le financement public des institutions religieuses liées au rabbin Yazdi. Selon lui, le kollel dirigé par ce dernier reçoit chaque année 653 000 shekels de subventions publiques. « Le prochain gouvernement mettra fin à cette situation. Quiconque enseigne contre le sionisme et contre l’État d’Israël ne recevra plus un seul shekel d’argent public », a-t-il déclaré.