Moyen-Orient

L’Iran tente d’imposer son contrôle sur le détroit d’Ormuz avec une nouvelle autorité maritime

Créée il y a environ un mois, la PGSA s’est dotée d’un compte officiel sur le réseau social X, où elle se présente comme « l’autorité légale et représentative de l’Iran pour la gestion de la navigation dans le détroit du Golfe Persique »

3 minutes
30 juin 2026

ParJohanna Afriat

L’Iran tente d’imposer son contrôle sur le détroit d’Ormuz avec une nouvelle autorité maritime
Illustration iStock

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ActuJ

L’Iran cherche à renforcer son emprise sur le détroit d’Ormuz en mettant en place une nouvelle structure chargée, selon Téhéran, de réguler le trafic maritime dans cette voie stratégique. Baptisée Persian Gulf Strait Authority (PGSA), cette autorité affirme que les navires doivent désormais obtenir son autorisation pour emprunter le détroit, une initiative vivement contestée par les États-Unis, qui la jugent contraire au droit international.

Créée il y a environ un mois, la PGSA s’est dotée d’un compte officiel sur le réseau social X, où elle se présente comme « l’autorité légale et représentative de l’Iran pour la gestion de la navigation dans le détroit du Golfe Persique ». Elle y publie régulièrement des statistiques détaillées sur les demandes de passage, classées par type de navire et par pays d’origine, ainsi que des cartes des zones qu’elle affirme administrer.

Le détroit d’Ormuz, par lequel transite près d’un cinquième du commerce mondial de pétrole, est pourtant une voie maritime internationale. Bien que l’Iran contrôle une partie de son littoral, il ne dispose pas, selon le droit international, de l’autorité nécessaire pour soumettre la liberté de navigation à une autorisation préalable.

Washington a rapidement réagi en inscrivant la PGSA sur sa liste des sanctions. Le département américain du Trésor accuse cette nouvelle structure d’être un instrument des Gardiens de la révolution destiné à intimider les compagnies maritimes et à exercer un moyen de pression économique. Les autorités américaines avertissent que toute entité coopérant avec la PGSA pourrait être considérée comme apportant un soutien aux Gardiens de la révolution et s’exposer à des sanctions.

Téhéran rejette ces accusations. Les autorités iraniennes assurent que les sanctions américaines témoignent de « l’efficacité » de la nouvelle organisation et affirment continuer à délivrer des autorisations de passage aux navires qu’elles qualifient de « non hostiles », afin de garantir la fluidité du trafic.

L’initiative iranienne semble s’inspirer du modèle de l’Autorité du canal de Suez, organisme reconnu qui administre le canal égyptien. À travers sa communication officielle et sa présence sur les réseaux sociaux, la PGSA cherche à se présenter comme un acteur institutionnel légitime de la gouvernance maritime régionale.

Parallèlement, l’Iran et Oman ont entamé des discussions sur l’avenir du détroit d’Ormuz. À l’issue d’une récente réunion bilatérale, le ministre omanais des Affaires étrangères, Badr al-Busaidi, a réaffirmé l’attachement de Mascate à la liberté de navigation et au respect de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer. Il a toutefois souligné qu’aucun accord sur l’avenir du détroit ne pourrait être conclu sans la participation de l’Iran.

Selon des informations rapportées récemment par Bloomberg, Oman aurait indiqué à plusieurs pays européens que les navires pourraient, à l’avenir, être amenés à s’acquitter de redevances destinées à financer des services tels que la lutte contre la pollution ou l’assistance à la navigation. Mascate a cependant précisé qu’elle s’opposait à toute taxe remettant en cause le principe de libre circulation.

Dans ce contexte d’incertitude, plusieurs armateurs réduisent déjà leur recours au détroit d’Ormuz. L’agence de presse iranienne Fars affirme que le trafic maritime a diminué depuis les récents affrontements entre l’Iran et les États-Unis, de nombreuses compagnies préférant éviter cette route stratégique en raison des risques sécuritaires et des tensions persistantes.

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