Moyen-Orient

Gaza : le grand plan pour remplacer le Hamas est enlisé… un « plan B » est désormais sur la table

Six mois après son lancement, le plan international pour administrer Gaza après le Hamas reste bloqué. En cause : le refus du Hamas de se désarmer.

3 minutes
30 juin 2026

ParDelphine Miller

Gaza : le grand plan pour remplacer le Hamas est enlisé… un « plan B » est désormais sur la table
Board of Peace (Maison Blanche)

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ActuJ

Présenté en janvier lors du Forum économique mondial de Davos sous l'impulsion de Donald Trump, le Board of Peace devait ouvrir la voie à une administration palestinienne technocratique capable de gouverner Gaza après le Hamas. Mais, six mois plus tard, le projet reste largement théorique.

Le Comité national pour l'administration de Gaza (NCAG), composé d'une douzaine de responsables palestiniens appelés à diriger la bande de Gaza, continue de travailler... depuis un hôtel au Caire. Cette semaine encore, ses représentants se sont réunis à Chypre pour tenter de relancer un processus qui peine à décoller.

Le principal obstacle reste le même : le désarmement du Hamas.

Le plan international prévoit une transition progressive en plusieurs étapes. Le NCAG prendrait le contrôle sécuritaire de Gaza, Tsahal retirerait progressivement ses armes lourdes, une force internationale serait déployée, puis Israël se retirerait une fois la bande de Gaza officiellement déclarée débarrassée de ses armes.

Or le Hamas refuse toujours de déposer les armes de sa branche militaire. Selon plusieurs médiateurs, le mouvement islamiste serait prêt à remettre ses armes de police et une partie de son arsenal lourd, mais entend conserver les dizaines de milliers de fusils d'assaut détenus par ses combattants. En d'autres termes, il accepterait de céder la gestion civile tout en restant la véritable puissance militaire de Gaza.

Face à cette impasse, les discussions portent désormais sur un « plan B » : installer des communautés palestiniennes temporaires dans la « zone verte », le secteur de Gaza actuellement contrôlé par Israël, en commençant par les ruines de Rafah.

Cette option soulève toutefois de nombreuses questions. Les habitants accepteraient-ils de s'installer dans une zone sous contrôle israélien ? Et le NCAG conserverait-il sa crédibilité s'il administrait Gaza depuis un territoire occupé par Tsahal ?

À ces difficultés s'ajoute le manque de financements. Sur les 17 milliards de dollars promis lors de la conférence internationale des donateurs en février, seule une faible partie a été effectivement débloquée. La guerre contre l'Iran a également détourné l'attention des États-Unis et des pays du Golfe, ralentissant encore davantage le projet.

Pour l'heure, malgré les réunions diplomatiques et les plans élaborés depuis des mois, la gouvernance de l'après-Hamas reste suspendue à une question qui n'a toujours pas trouvé de réponse : qui contrôlera réellement les armes dans la bande de Gaza ?

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