Israël n'est pas prêt à affronter les effets du changement climatique. C'est la conclusion sévère du nouveau rapport publié par le contrôleur de l'État, Matanyahu Englman, qui reproche au gouvernement de n'avoir corrigé qu'une faible partie des défaillances déjà signalées lors de deux précédents audits.
Le rapport souligne qu'Israël ne dispose toujours pas d'une loi sur le climat, qu'aucun organisme gouvernemental ne coordonne l'utilisation des milliards de shekels déjà consacrés à cette politique et que la commission ministérielle chargée du dossier, présidée par la ministre de la Protection de l'environnement Idit Silman, ne s'est jamais réunie. Le contrôleur relève également l'absence d'un plan national d'adaptation. Près de 89 % des ministères et organismes publics concernés ne disposent toujours pas de programmes opérationnels et financés.
Israël ne devrait réduire ses émissions de gaz à effet de serre que de 19 % d'ici à 2030, loin de l'objectif national de 27 % et de la moyenne de 43 % visée par les pays de l'OCDE.
Le document met aussi en garde contre les risques croissants liés aux vagues de chaleur et aux crises énergétiques, estimant que le développement des énergies renouvelables est devenu un enjeu de sécurité nationale qui ne peut être relégué au second plan, même en période de guerre.
Le rapport consacre enfin un chapitre à la mer Morte, où il dénonce deux décennies d'inaction. Malgré l'urgence reconnue depuis longtemps, aucune politique nationale n'a été arrêtée pour enrayer la baisse du niveau de l'eau, qui continue de diminuer d'environ 1,15 mètre par an. De nombreux projets touristiques restent inachevés, plusieurs points dangereux de la route 90 n'ont toujours pas été sécurisés et aucun dispositif d'assurance n'existe encore pour couvrir les dégâts provoqués par les dolines.