Le député Yuli Edelstein a officialisé hier soir (samedi) son départ du Likoud dans l'émission ''Meet the press'' (Pgosh et aitonout) sur la chaine N12. Ce parti fut sa maison politique pendant 23 ans. Dans une déclaration détaillée publiée peu après la sortie de Shabbat, l'ancien président de la Knesset a expliqué les raisons de sa rupture avec le parti évoquant notamment son combat sur la loi de conscription des orthodoxes, avant d'annoncer son intention de lancer une nouvelle formation politique.
« Je commencerai par la fin : j'ai décidé de ne pas me présenter aux primaires de la liste du Likoud pour la prochaine Knesset, et de m'engager dans une nouvelle voie politique », a-t-il écrit, précisant qu'il quitterait le mouvement à l'issue de la session actuelle de la Knesset.
Âgé de 67 ans, ancien refuznik, Edelstein avait rejoint le Likoud en 2003, lors de la fusion de son ancien parti Israël Be'aliya avec la formation de Binyamin Netanyahou. Il a ensuite gravi les échelons pour devenir l'une des figures les plus respectées du mouvement, occupant notamment la présidence de la Knesset entre 2013 et 2020, puis la présidence de la commission des Affaires étrangères et de la Défense.
Dans sa déclaration, Edelstein relie explicitement sa décision au combat qu'il a mené autour de la loi sur l'enrôlement des jeunes orthodoxes. Il explique avoir eu la conviction, après le 7 octobre, que la réalité israélienne ne pourrait plus être la même qu'auparavant, et affirme avoir œuvré de toutes ses forces pour instaurer une conscription équitable, empêchant selon lui l'adoption d'une loi qui aurait durablement institutionnalisé les dispenses de service militaire.
Ses positions lui ont coûté cher politiquement. Edelstein a été démis en 2025 de la présidence de la commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset, en raison de son refus de faire avancer la loi voulue par une partie de la coalition. Il avait été remplacé à ce poste par le député Boaz Bismuth. Plus tard, il a également été exclu de la commission elle-même, la coalition lui reprochant de continuer à voter contre sa ligne. Il avait notamment voté, quelques jours avant sa démission, contre le projet de loi fondamentale sur « l'étude de la Torah », qu'il juge destiné à pérenniser les dispenses de service.
Edelstein a conclu sa déclaration en annonçant son intention de créer une nouvelle structure politique, tout en prenant soin de distinguer sa rupture avec l'appareil du Likoud de ses relations personnelles avec les militants et sympathisants du parti, qu'il dit vouloir conserver. Il a esquissé les grandes lignes de son projet : une coalition large, refusant l'exclusion mutuelle entre blocs politiques, sans céder aux courants les plus radicaux, sans dépendre du soutien des partis arabes, et sans offrir de blanc-seing aux partis orthodoxes. Il dit vouloir représenter les quatre cinquièmes de la population israélienne qui s'accorderait, selon lui, sur l'essentiel des enjeux nationaux.
Sur le plan idéologique, Edelstein revendique un ancrage dans une droite qu'il qualifie d'authentique, étatique et responsable : soutien à l'implantation juive sur toute la terre d'Israël, fermeté sécuritaire, économie libérale, réforme du système judiciaire et renforcement de l'identité juive de l'État.
Au sein du Likoud, on estime que Yuli Edelstein a simplement préféré partir sachant qu'après ses différentes prises de position ces dernières années, les militants l'auraient sanctionné lors des primaires du parti et il aurait obtenu un score très faible.