Le gouvernement israélien prévoit d’allouer une partie du budget du plan quinquennal destiné à la société arabe au renforcement des capacités du Shin Bet dans la lutte contre le trafic d’armes, un phénomène considéré comme un enjeu de sécurité nationale en raison de ses liens avec les organisations terroristes.
Selon un courrier interne adressé aux ministères par le secrétaire du gouvernement, Yossi Fox, une partie des fonds prévus par la résolution gouvernementale 550, adoptée sous le gouvernement de Naftali Bennett, pourrait être réaffectée au financement de programmes de lutte contre la criminalité dans la société arabe, mis en œuvre par la police et le Shin Bet.
Le plan dispose encore d’une enveloppe d’environ 1,3 milliard de shekels. D’après des sources gouvernementales, le montant qui sera attribué au service de sécurité intérieure n’a pas encore été arrêté. Il pourrait atteindre près de 650 millions de shekels, soit environ la moitié des crédits restants, mais les discussions sont toujours en cours.
Cette décision marquerait une première implication budgétaire significative du Shin Bet dans ce domaine. Toutefois, plusieurs responsables insistent sur le fait que sa mission restera strictement limitée au trafic d’armes. « Si quelqu’un pense que le Shin Bet remplacera la police dans la lutte contre les organisations criminelles, c’est faux », affirme un haut responsable gouvernemental. « Son rôle portera sur les filières d’armement, dont une partie alimente également les organisations terroristes. »
En vertu de la législation actuelle, le Shin Bet n’est pas chargé de combattre la criminalité organisée et cette répartition des compétences ne devrait pas évoluer. Son intervention se concentrerait exclusivement sur les aspects présentant une dimension sécuritaire, notamment les circuits d’approvisionnement en armes.
Longtemps réticent à intervenir dans ce secteur afin de préserver ses sources de renseignement, le Shin Bet semble désormais prêt à renforcer son implication. Le projet prévoit notamment la création d’une unité dédiée et le recours à des moyens de renseignement plus poussés.
Le Premier ministre Benyamin Netanyahou avait déjà annoncé, en juin 2023, son intention d’associer le Shin Bet à la lutte contre le crime organisé dans la société arabe, qualifiant la vague de violences de « fléau national ». Malgré ces déclarations, peu de mesures concrètes avaient été mises en œuvre jusqu’à présent.