Le quotidien israélien Haaretz est de nouveau éclaboussé par l'affaire du Qatargate. Selon des révélations publiées samedi, l'un de ses analystes politiques, Alon Pinkas, ancien consul d'Israël à New York, aurait perçu plusieurs centaines de milliers de dollars liés au gouvernement qatari.
Les sommes auraient été versées par Gil Birger, un homme d'affaires interrogé par la police dans le cadre d'une enquête sur des transferts d'argent présumés entre le Qatar et des proches du Premier ministre Benyamin Netanyahou. Ces paiements transitaient par Jay Footlik, un lobbyiste pro-Qatar basé aux États-Unis.
Le scandale porte sur des accusations selon lesquelles des collaborateurs de Netanyahou auraient accepté de l'argent pour diffuser des messages favorables au Qatar auprès de journalistes, alors que Doha jouait un rôle de médiateur dans les négociations sur la libération des otages détenus par le Hamas depuis l'attaque du 7 octobre 2023.
Selon Haaretz, Pinkas aurait reçu ces paiements entre janvier 2024 et mars 2025, mais aurait rompu ses liens avec Footlik après la révélation publique des versements de ce dernier à Eli Feldstein, ancien porte-parole de Netanyahou.
Une ligne éditoriale influencée
Alon Pinkas aurait repris dans sept chroniques publiées par Haaretz les principaux arguments de la campagne d'influence qatarie, notamment : l'Égypte a facilité l'attaque du 7 octobre ; les dirigeants du Hamas se trouvent au Qatar à la demande d'Israël ; c'est le Qatar, et non l'Égypte, qui doit servir de médiateur.
Dans une tribune du 1er janvier 2024 intitulée "Netanyahou veut faire du Qatar le bouc émissaire du massacre du 7 octobre. Ne le laissez pas faire", l'analyste écrivait : « Le Qatar a acheminé des fonds à Gaza pour maintenir le régime du Hamas à la demande d'Israël » et « le Qatar est indispensable à la médiation pour la libération des otages israéliens ».
Interrogé par le rédacteur en chef Aluf Benn en mars dernier, Pinkas avait d'abord affirmé que son aide à Footlik était « purement personnelle et non rémunérée ». Ce n'est qu'en avril, lors d'une longue réunion, qu'il a reconnu avoir perçu un paiement mensuel pour rédiger des documents de politique, tout en niant tout lien avec le Qatar.
« Je n'ai participé à aucune campagne », s'est défendu Pinkas. « J'ai fourni des services professionnels à une société appartenant à Footlik, comme je l'ai fait pour d'autres clients. Mes rapports financiers sont déposés auprès des autorités conformément à la loi. »
L'analyste a quitté le journal après cette conversation. Bien qu'aucune annonce officielle de licenciement n'ait été faite, une mention a été ajoutée aux articles qu'il a écrits pendant la période où il travaillait avec Footlik.
Il s'agit du deuxième journaliste de Haaretz impliqué dans le Qatargate. En octobre dernier, Chaim Levinson avait été licencié après qu'il a été révélé qu'il avait reçu au moins 200 000 shekels (61 000 dollars) de Yisrael "Srulik" Einhorn, un conseiller de Netanyahou soupçonné d'avoir reçu de l'argent du Qatar.
Par ailleurs, David Saig, qui travaillait également pour Footlik, avait publié une chronique anonyme dans Haaretz critiquant l'Égypte tout en faisant l'éloge du Qatar.
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