La société Teva a annoncé samedi soir le rappel d’un lot précis de lait infantile Nutrilon 1er âge, boîte de 800 g, produit le 8 juillet 2025. Ce rappel fait suite à une révision, au niveau européen, des seuils autorisés pour la toxine céréulide, produite par la bactérie Bacillus cereus. Les analyses ont montré que ce lot dépassait les nouveaux seuils définis.
Ancien directeur général adjoint du ministère israélien de la Santé et spécialiste de santé publique, le Pr Grotto a insisté sur le fait que la situation n’a rien de comparable avec le drame de Remedia : « Certes, dans les deux cas il s’agit de lait infantile de premier âge, destiné aux nourrissons les plus jeunes, mais ce sont deux scénarios totalement différents. Remedia était un incident local lié à une erreur de formulation. Ici, nous sommes face à un phénomène d’ampleur européenne, lié à une matière première, et surtout à une toxine qui n’est pas mortelle. »
Concernant la traçabilité, alors que huit pharmacies ont été identifiées comme ayant vendu le lot concerné, Grotto se veut confiant : « Aujourd’hui, les mécanismes de contrôle obligent les fournisseurs à suivre précisément chaque produit tout au long de la chaîne de distribution. Les informations publiées sont fiables, et l’entreprise sait exactement où les produits ont été écoulés. »
Sur les risques pour les nourrissons ayant consommé le produit, le spécialiste se montre catégorique : les effets sont immédiats et transitoires : « Il ne s’agit pas de la bactérie elle-même, mais uniquement de la toxine qu’elle produit. Cette toxine est très résistante à la chaleur, c’est ce qui pose problème. On sait aujourd’hui qu’elle peut provoquer diarrhées, douleurs abdominales, nausées, voire vomissements, mais uniquement sur une courte durée, sans aucune conséquence à long terme. »
Les symptômes, lorsqu’ils apparaissent, surviennent rapidement : « On parle de quelques heures après l’ingestion, pas de semaines. Si un nourrisson n’a présenté aucun symptôme dans les dernières 24 heures, il n’y a aucune raison de s’inquiéter. »
Dans la majorité des cas, aucune consultation médicale n’est nécessaire : « En l’absence de fièvre, il n’est pas utile de consulter. Si une fièvre apparaît, cela suggère d’ailleurs une autre cause que la toxine en question. »
Interrogé sur l’impact durable de l’affaire Remedia sur les contrôles en Israël, Grotto souligne que le pays applique aujourd’hui des normes parmi les plus strictes au monde, tant en fréquence qu’en nature des tests. Il rappelle toutefois le caractère mondialisé de la production : « Nutrilon est fabriqué dans une usine aux Pays-Bas. Il s’agit donc d’un incident européen, lié à une matière première distribuée à grande échelle. L’événement est important par son ampleur, mais pas par sa gravité. »
Enfin, aux parents qui hésiteraient à continuer à utiliser Nutrilon, le message est clair : « Ce rappel prouve justement que le système fonctionne et qu’il est extrêmement sensible. Les alertes venues d’Europe sont traitées rapidement. Il n’y a aucune raison d’éviter le produit, en dehors bien sûr du lot concerné. »
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