Dans sa déclaration déposée ce matin (lundi) auprès de la Cour suprême, Ronen Bar, chef du Shin Bet limogé par le gouvernement, porte de graves accusations contre le Premier ministre.
Il annonce, par ailleurs, qu’il démissionnera de son poste dans les prochaines semaines, comme si le gouvernement n’avait pas voté à l’unanimité pour son limogeage.
Dans son témoignage, Bar revient sur l’affaire dite du Qatargate, qu’il qualifie de menace majeure à la sécurité nationale. Il estime que cette affaire compromet les négociations pour la libération des otages, renforce le Hamas et détériore les relations entre Israël et l’Égypte.
Mais les révélations les plus sensibles concernent les pressions politiques exercées, selon lui, directement par Netanyahou. Le chef du renseignement intérieur affirme que le Premier ministre lui aurait demandé d’agir illégalement contre des figures de l’opposition impliquées dans les manifestations antigouvernementales. « On m’a clairement exprimé l’attente que le Shin Bet surveille des citoyens israéliens, des militants, ainsi que les financiers des protestations », écrit-il. Bar ajoute qu’en cas de crise constitutionnelle, des consignes lui ont été données de suivre les ordres du Premier ministre, au mépris des décisions de la Cour suprême.
Bar accuse également Netanyahou d’avoir tenté d’influencer le déroulement de son procès pour corruption. Il affirme avoir été soumis à des pressions répétées pour émettre un avis juridique destiné à faire obstruction au bon déroulement de la procédure judiciaire en déclarant que le Premier ministre ne pouvait pas témoigner devant la Cour pour des raisons sécuritaires, ce qu’il a refusé de faire.