Les Houthis envisagent d'intensifier leurs attaques de missiles contre les infrastructures aéroportuaires israéliennes dans les prochains jours, selon des informations publiées mardi par le quotidien libanais Al-Akhbar. Cette stratégie viserait à interrompre complètement le trafic aérien vers Israël, s'inscrivant dans une politique qualifiée de "pression maximale".
Des sources militaires à Sanaa ont confié au journal que le mouvement rebelle ne compte pas limiter ses opérations aux seuls aéroports, mais prévoit également d'élargir son "panier de cibles" pour inclure plusieurs sites stratégiques dans la région de Haïfa.
"À l'escalade, nous répondrons par l'escalade. Nous allons imposer un blocus naval et aérien sur Israël en multipliant les tirs de missiles", ont averti les Houthis dans un communiqué diffusé après les frappes de représailles israéliennes. Le groupe a également adressé une mise en garde aux compagnies aériennes internationales, les exhortant à "cesser leurs vols vers le pays si elles souhaitent éviter des pertes humaines".
Coordination avec Hamas et "l'axe de la résistance"
Dans une interview accordée à la chaîne Al-Jazeera, Muhammad al-Bukhiti, membre influent du bureau politique houthi, a révélé que les récentes opérations menées par son mouvement l'ont été "à la demande de nos frères de l'organisation Hamas". Il a également confirmé l'existence d'une coordination étroite et d'échanges d'informations réguliers avec l'ensemble des acteurs appartenant à "l'axe de la résistance".
Le responsable houthi a insisté sur le fait que Washington et Londres devraient comprendre que les opérations des rebelles "ne s'arrêteront pas" et qu'il serait dans l'intérêt des Américains et des Britanniques d'exercer une pression sur le Premier ministre Benyamin Netanyahou pour "mettre fin à la destruction du peuple de Gaza, arrêter l'escalade, lever le blocus et s'engager à appliquer l'accord signé sous supervision américaine".
Cette montée des tensions survient au lendemain de frappes aériennes israéliennes contre des installations dans le port yéménite de Hodeidah, menées en représailles aux tirs de missiles contre le territoire israélien, dont l'un est tombé dimanche près de l'aéroport Ben Gourion.
Bien que des médias arabes aient évoqué une opération conjointe américano-israélienne, les autorités israéliennes ont démenti cette information. Selon des sources saoudiennes, plus de 30 avions israéliens auraient participé à ces frappes, ciblant principalement des infrastructures énergétiques dans la région portuaire