La Knesset a approuvé ce mardi en deuxième et troisième lectures une nouvelle loi obligeant les banques à notifier leurs clients détenant plus de 15 000 shekels -3 750 euros- sur leur compte courant pendant plus de trois mois. L’objectif : les encourager à transférer ces fonds vers des produits d’épargne plus rémunérateurs.
Portée par le député Erez Malul du Shas, la proposition vise à contrer un phénomène bien connu : des milliards de shekels « dormants » sur des comptes courants, qui ne rapportent presque rien à leurs titulaires, mais génèrent des profits colossaux aux établissements bancaires.
Actuellement, les banques placent ces fonds auprès de la Banque d’Israël à un taux directeur de 4,5 %, tout en ne reversant aux clients qu’une rémunération moyenne de… 0,06 %. En clair, pour un million de shekels, le bénéfice pour la banque s’élève à 45 000 shekels, contre seulement 600 shekels reversés au client.
Selon les derniers chiffres disponibles -mars 2025-, le montant total des soldes en comptes courants s’élève à quelque 228 milliards de shekels. Des sommes considérables dont la majeure partie est concentrée entre les mains d’un petit nombre de clients : environ la moitié des clients disposant d’un solde positif n’ont en moyenne que 1 200 shekels sur leur compte. Cette réforme concernera donc une minorité du public — sans compter les clients en découvert permanent.
Dès l’entrée en vigueur de la loi, prévue dans six mois, les banques devront envoyer à leurs clients concernés une notification mensuelle (puis trimestrielle après une période de transition d’un an et demi), incluant également des informations sur des placements alternatifs comme les dépôts à terme ou les fonds monétaires. Le non-respect de cette obligation pourra entraîner une amende administrative de 50 000 shekels par infraction.
