Remontons aux débuts de la coalition actuelle. L'un des premiers défis qu'elle doit relever est le renouvellement de la loi sur la citoyenneté. Celle-ci qui doit être revotée chaque année, permet à Israël de mettre des conditions au regroupement familial des Arabes israéliens avec ceux de l'Autorité palestinienne ou d'autres pays de la région.
Lorsqu'Ayelet Shaked, ministre de l'Intérieur, a présenté cette loi au vote de la Knesset l'été dernier, l'opposition, décidée à lui faire la vie dure, a voté contre. A l'intérieur de la coalition, cette loi est rejetée par le parti Raam mais aussi par Meretz et une partie de Avoda. Résultat : la ministre a essuyé un échec, la loi n'est pas passée.

Compte-tenu de la sensibilité du sujet puisqu'il s'agit de la sécurité du pays, elle n'a pas pour autant été abandonnée.
L'opposition et plus particulièrement la Tsionout Hadatit, représentée par le député Simha Rotman, exigeait des négociations avec elle pour voter en faveur de la loi. Elle voulait y apporter des amendements qu'elle jugeait indispensables avec pour objectif final d'en faire une loi fondamentale, qu'il ne sera plus nécessaire de revoter.
Pendant huit mois donc, Ayelet Shaked et Simha Rotman ont mené un marathon de négociations. La ministre avait, en outre, la difficile tâche de convaincre des membres de sa propre coalition, d'accepter les changements demandés par l'opposition.
Ce soir, donc, ces efforts conjoints entre l'opposition et la coalition ont payé, pour le bien de l'Etat d'Israël.
Simha Rotman signe une victoire remarquable dans sa carrière politique naissante. Il a réussi à imposer des modifications significatives à cette loi :
- mise en place de quotas et d'une transparence sur le processus de regroupement familial
- introduction d'une clause d'objectif : outre le but sécuritaire, a été introduit un but démographique afin que l'Etat d'Israël reste juif et démocratique
- toute personne qui a reçu le droit de s'installer en Israël par cette loi et qui se montrera déloyal envers l'Etat d'Israël - en brandissant un drapeau palestinien, par exemple - se verra retirer son visa de résident
- la durée de vie de cette loi sera de 12 mois et non de 18 mois comme le voulaient les députés de Yesh Atid

