Le sergent-chef Shoham Menachem, âgé de 21 ans et originaire du moshav Yardena, fait partie des trois tankistes tués lundi au combat dans le nord de la bande de Gaza. Sa mort résonne d'une tragédie particulière : le jeune homme servait dans le même bataillon que son père, ancien prisonnier de guerre en Egypte.
Une tradition familiale marquée par l'épreuve
Shoham avait choisi de suivre les traces de son père Shmuel, qui avait servi comme conducteur de char dans le 52e bataillon de la 401e brigade pendant la guerre du Kippour. "Il tenait absolument à faire partie de ce bataillon à cause de l'histoire de son père", a confié Sharon Menachem, cousine du défunt, dans un entretien accordé à Walla.
Le parcours de Shmuel Menachem illustre les blessures durables de la guerre. Tombé dans une embuscade égyptienne à la veille du premier jour de la guerre du Kippour, il avait été touché par une balle dans le dos alors qu'il soignait un camarade blessé. Fait prisonnier, il avait subi de graves tortures avant d'être libéré. Mais ce n'est qu'après 25 ans qu'il avait été reconnu comme soldat handicapé et qu'il avait enfin pu bénéficier d'une aide psychologique, entamant alors un processus de réadaptation qui lui a permis de fonder une famille.
Un engagement total malgré les risques
Shoham était sur le point d'achever son service militaire - il ne lui restait que quatre mois avant sa libération. Diplômé du lycée Shaked du kibboutz Sde Eliyahu, il avait ensuite fréquenté l'école préparatoire prémilitaire de Nokdim avant de s'engager dans les blindés.
"Il était la véritable fierté de ses parents", témoigne sa cousine Sharon. "Il gardait le désir d'apporter sa contribution au pays, disait toujours que tout irait bien."
Depuis le 7 octobre, Shoham avait servi sans interruption à Gaza. "Il avait le sentiment d'apporter sa contribution. Il m'a dit : 'Sharon, nous gagnons. Nous faisons notre travail'", rapporte encore sa cousine.
3Il savait ce que j'avais vécu là-bas et était déterminé à réussir, avec ses compagnons, à libérer les otages. Il n'arrêtait pas de me répéter : 'Papa, c'est pour ça qu'on se bat, pour libérer les otages'", a témoigné son père sur une chaîne israélienne.
