L'empire cosmétique Huda Beauty traverse une crise majeure depuis que sa créatrice, Huda Kattan, a diffusé des contenus accusés de propager des théories du complot antisémites. L'affaire, qui secoue l'industrie de la beauté, met particulièrement en difficulté le distributeur Sephora, filiale du groupe LVMH.
La polémique a éclaté fin juillet lorsque l'influenceuse d'origine irakienne, forte de ses 11 millions d'abonnés sur TikTok, a partagé une vidéo aux allégations choquantes. Dans cette publication, elle prétendait détenir des "preuves" impliquant Israël dans une série d'événements historiques majeurs, des deux guerres mondiales aux attentats du 11 septembre, en passant par l'attaque du 7 octobre.
Ces déclarations, mêlant erreurs historiques flagrantes et théories conspirationnistes, ont rapidement disparu de la plateforme. Si TikTok revendique avoir supprimé le contenu pour violation de ses standards, Huda Kattan affirme de son côté avoir volontairement retiré sa vidéo.
La réaction ne s'est pas fait attendre. Plusieurs organisations juives de défense des droits ont lancé une offensive contre la marque, exigeant de Sephora qu'elle cesse toute collaboration avec Huda Beauty. L'association StopAntisemitism a adressé une lettre officielle au distributeur, tandis que Jonathan Greenblatt, patron de l'Anti-Defamation League, a qualifié ces propos de "haine pure" et mis en garde contre les dangers de diffuser de tels "mythes vils" à une audience de millions de personnes. De son côté, l'American Jewish Committee a pointé du doigt l'utilisation de cette "plateforme massive" pour véhiculer des idées qu'elle juge "ignobles".
Face à cette pression croissante, Sephora se retrouve dans une position délicate. Le géant français de la cosmétique, qui compte plus de 700 points de vente américains et commercialise les produits stars de Huda Beauty, a annoncé "examiner activement" la situation. Un porte-parole a précisé que promouvoir "la haine, le harcèlement ou la désinformation" allait à l'encontre des valeurs de l'entreprise.