Hier soir, la Syrie a fait état d’une opération militaire israélienne hors norme, accompagnée d’une vague de frappes aériennes près de Damas. Selon plusieurs sources, des dizaines de soldats israéliens auraient été héliportés dans la région d’Al-Kiswah, au sud de la capitale, où ils auraient opéré plus de deux heures. Tout a commencé par un simple repérage…
Mardi soir, lors d’une patrouille de routine près d’Al-Kiswah, des soldats syriens affirment avoir découvert des « dispositifs de surveillance et d’écoute » installés dans la zone. Quelques heures plus tard, des drones auraient frappé plusieurs positions militaires. Selon Damas, six soldats syriens, dont au moins un officier, ont été tués. Hier, le bilan officiel est monté à huit morts, tous issus de la 44e division de l’armée syrienne.
L’agence officielle syrienne SANA a attribué la frappe de mardi à cette découverte d’équipements. Israël aurait continué à viser le secteur jusque dans la soirée de mercredi afin d’empêcher l’arrivée de renforts syriens.
Mercredi soir, de nouveaux raids ont visé la même zone. Le Centre syrien de surveillance des droits de l’homme a parlé d’« une série d’au moins dix frappes menées par des avions de combat israéliens contre des sites militaires », à une dizaine de kilomètres de la Foire internationale de Damas, inaugurée hier en présence du président syrien Ahmad al-Charra, également connu sous le nom d’Abu Mohammad al-Joulani.
Le quotidien libanais Al-Akhbar, proche du Hezbollah, a dénoncé une « démonstration de force israélienne » qui a éclipsé l’inauguration de la Foire : « Tous les regards se sont levés vers le ciel. »
Peu après, de premiers témoignages ont évoqué une opération terrestre : quatre hélicoptères auraient déposé des dizaines de combattants israéliens dans la région, qui auraient mené des recherches pendant plus de deux heures.
Un responsable militaire syrien, cité par Al-Jazeera, a affirmé qu’« aucun affrontement n’a eu lieu entre les forces israéliennes et l’armée syrienne ». Deux sources militaires syriennes ont précisé à Reuters que ces troupes spéciales avaient été héliportées près du mont Jabal Manaa – une ancienne base de défense aérienne iranienne utilisée par le Hezbollah, détruite par Israël avant la chute de Bachar el-Assad. Le site est désormais occupé par les forces d’Al-Charra. Toujours selon ces sources, les Israéliens se seraient retirés après l’opération.
Réactions officielles
Le ministère syrien des Affaires étrangères a dénoncé « une violation grave du droit international, de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de la Syrie », accusant Israël de chercher à « déstabiliser la région ».
Côté israélien, aucun commentaire Mais le ministre de la Défense Israël Katz a laissé filtrer une allusion ce matin sur son compte X : « Nos forces agissent dans toutes les arènes, jour et nuit, pour la sécurité d’Israël. »
Ces frappes et opérations supposées interviennent alors que Washington tente d’élaborer un accord sécuritaire incluant Israël, la Syrie et le Liban. Le Premier ministre Benyamin Netanyahou a d’ailleurs rencontré cette semaine Thomas Barrack, envoyé spécial américain pour la Syrie et le Liban. De son côté, le président syrien Ahmad al-Charra a confié à plusieurs anciens ministres et journalistes arabes que des « discussions avancées » étaient en cours avec Jérusalem en vue d’un arrangement sécuritaire qui pourrait, selon plusieurs sources, être ratifié en marge de l’Assemblée générale de l’ONU prévue du 8 au 23 septembre.