Dans un article du Hürriyet, principal quotidien turc, titré « Israël étend son occupation en Syrie », l'éditorialiste du journal écrit : « Israël élargit son occupation près du Mont Hermon en Syrie au moment où des discussions entre Damas et Tel Aviv (NDLR : ne reconnaissant pas Jérusalem comme la capitale d’Israël) laissaient espérer un accord de sécurité. Une démarche inquiétante et qui complique toute perspective de stabilité. Les forces israéliennes ont mené des raids dans la région ouest de Damas et dans la zone de Beyt Jin, située à environ 50 km de la capitale, et ont pris le contrôle du sommet de Bat el-Verda, sur les pentes du Hermon. »
Le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, justifie cette présence par la nécessité de « protéger les communautés du Golan et de la Galilée » et d’assurer la sécurité des Druzes en Syrie. Mais cette justification, affirme l'éditorialiste, masque une stratégie d’occupation et d’affirmation de contrôle sur un territoire clé, en contradiction avec les normes internationales et les résolutions de l’ONU.
Des habitants, rassemblés pacifiquement pour demander le retrait des forces israéliennes, ont été pris pour cible par des tirs réels. Le ministère syrien de la Défense a condamné ces actions comme une violation flagrante du droit international et des résolutions de l’ONU, et a appelé le Conseil de sécurité à prendre des mesures immédiates pour dissuader Israël de poursuivre ses activités agressives.
Cette offensive survient alors que des responsables syriens et israéliens, dont le ministre israélien des Affaires stratégiques Ron Dermer, avaient tenu une réunion à Paris le 19 août pour tenter de réduire les tensions et préparer la signature d’un accord avant la fin septembre, rapporte l'article. Pour le journaliste, cette démarche israélienne s’inscrit de toute évidence dans une logique de pression militaire au moment même où la diplomatie régionale espérait désamorcer les tensions.
Et l'éditorialiste de conclure : « Le mont Hermon, situé à la jonction des frontières libanaise, israélienne et syrienne, domine un vaste territoire et constitue un enjeu stratégique majeur. Israël y avait déjà installé des positions en 1974, et l’expansion récente confirme sa volonté de consolider sa présence, au détriment de toute perspective de règlement pacifique.
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