Le ministère allemand des Affaires étrangères a publié vendredi un appel urgent demandant à tous ses ressortissants de quitter immédiatement l’Iran et d’éviter tout voyage dans le pays. Cette décision intervient dans un climat de fortes tensions, alors que Berlin, aux côtés de la France et du Royaume-Uni, a déclenché le mécanisme de « snapback » visant à rétablir les sanctions internationales contre Téhéran après l’échec des négociations sur le nucléaire.
Selon Berlin, la situation sécuritaire « reste volatile et peut se détériorer à tout moment ». Les autorités redoutent non seulement une escalade militaire, mais aussi des mesures de représailles ciblées de la part du régime iranien, qui a déjà menacé de rompre toute coopération avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Dans ce contexte, les risques d’arrestations arbitraires sont jugés particulièrement élevés, notamment pour les personnes de double nationalité germano-iranienne.
Ces représailles pourraient prendre plusieurs formes : pressions diplomatiques, attaques contre des intérêts occidentaux dans la région, cyber-opérations contre des infrastructures stratégiques, ou encore une intensification de la rhétorique anti-occidentale pour mobiliser l’opinion iranienne. Les précédents sont nombreux : en 2020, l’Iran avait déjà utilisé l’arrestation de binationaux européens comme levier politique, pratique assimilée à une stratégie de « diplomatie des otages ».