Le chercheur israélien du Alma Research Center, Tal Beeri, a observé avec inquiétude la conférence annuelle du syndicat des enseignants du Sud-Liban (fin août) qui a offert à nouveau une tribune de propagande au Hezbollah. L'événement a permis de glorifier « la contribution du Hezbollah à l'éducation et à justifier sa possession continue d'armes ». Lors de la conférence, des slogans de « résistance » et des déclarations selon lesquelles « l'éducation au Liban dépend du Hezbollah plutôt que de l'État » ont été entendus.
Le Hezbollah intervient dans les systèmes éducatifs publics et privés du Liban et gère son propre système éducatif indépendant. L'unité chargée de l'éducation, placée sous l'autorité du Conseil exécutif, supervise le secteur éducatif et compte plusieurs organisations sous son autorité. Deux organisations importantes agissent au nom du Hezbollah au sein du système éducatif général libanais.
La première est l'Organisation de recrutement éducatif (EAH), qui comprend, entre autres, le Syndicat des enseignants, association professionnelle agréée regroupant des milliers d'enseignants à travers le Liban. L'EAH œuvre à la création d'une identité alliant savoir, jihad, éducation et foi au service de la résistance, de la patrie et de la nation, en préparation à l’avènement de l'« État de l'Imam al-Mahdi ». (NDLR : dans la tradition musulmane sunnite, al-Mahdi est un descendant du prophète de l'islam, Mahomet, qui viendra à la fin des temps, afin de restaurer la religion musulmane et la justice).
La seconde est l'Association d'éducation religieuse islamique (AIRE), dont l'objectif est de renforcer l'éducation islamique chiite dans les institutions externes. Le système éducatif indépendant du Hezbollah, le réseau scolaire al-Mahdi, compte 17 écoles et les Scouts de l'Imam al-Mahdi. L'un des principaux objectifs de toutes les organisations éducatives du Hezbollah est d'identifier et de recruter des étudiants, élèves et stagiaires aux compétences exceptionnelles, servant ainsi de plateforme pour l'enrôlement de membres dans les unités militaires du Hezbollah.
Tal Beeri souligne également que l’ampleur et l’intensité des activités civiles du Hezbollah constituent un test décisif pour la réussite de sa réhabilitation. Ces infrastructures civiles, qui répondent aux besoins de la base chiite (« la société de résistance ») dans tous les aspects de la vie, alimentent l’existence du Hezbollah et le fonctionnement de son infrastructure militaire.
Le succès de la réhabilitation militaire du Hezbollah dépend du fonctionnement de ses infrastructures civiles. Ces infrastructures créent un lien direct avec la population de la base par le biais de leurs activités civiles. Ce lien direct favorise la dépendance et le soutien, ce qui, à son tour, garantit la liberté opérationnelle du Hezbollah. Le Hezbollah investit des ressources considérables pour créer des conditions favorables, qui se manifestent après les cessez-le-feu par des activités proactives, étendues et accélérées dans les domaines social, économique, sanitaire, éducatif et autres au sein des communautés chiites du Liban.