La Cour pénale internationale de La Haye a rejeté ce lundi un recours israélien portant sur l’exigence de recevoir une « notification préalable » supplémentaire dans le cadre des procédures liées à l’enquête internationale sur la guerre à Gaza. La décision a été prise à la majorité des juges. Concrètement, elle signifie que le bureau du procureur n’est pas tenu de rouvrir la procédure ni d’adresser à Israël une nouvelle notification au titre de l’article 18(1) du Statut de Rome, article lié au principe de complémentarité.
Au cœur du recours figurait l’argument israélien selon lequel les développements intervenus depuis l’attaque du Hamas du 7 octobre 2023 constituent une « situation nouvelle », imposant au procureur de répéter l’étape procédurale de notification préalable à l’État concerné. Israël s’appuyait sur le principe de complémentarité, selon lequel la compétence de la Cour doit être subsidiaire et, lorsqu’un État mène une enquête ou une procédure judiciaire authentique et effective, celle-ci doit primer sur toute intervention extérieure.
La chambre d’appel n’a pas retenu cet argument et a estimé qu’il n’existait aucun fondement à l’obligation d’une « nouvelle notification » telle que demandée par Israël, ni de changement justifiant une « réinitialisation » du mécanisme. Cette décision lève ainsi un obstacle majeur qu’Israël tentait d’opposer au procureur dans le cadre du dispositif procédural de l’article 18, destiné à permettre à un État d’indiquer qu’il enquête lui-même sur les faits en cause et de demander au procureur de suspendre ou de différer ses démarches.
La décision rendue aujourd’hui s’inscrit dans une série de procédures judiciaires engagées par Israël devant la Cour, visant à restreindre ou à ralentir ses actions. Au cours de l’année écoulée, des mandats d’arrêt ont été délivrés dans ce dossier contre le Premier ministre Benyamin Netanyahu et l’ancien ministre de la Défense Yoav Gallant. Ces mandats demeurent en vigueur malgré la décision actuelle. Par le passé, plusieurs recours et demandes ont également porté sur l’étendue de la compétence de la Cour et sur la possibilité de suspendre les procédures dans l’attente de l’examen de questions préliminaires, sans que la CPI ne stoppe l’avancement du dossier.