C'est dans un bâtiment récemment rebaptisé à son nom — le Centre de la paix Donald Trump — que le Président américain a réuni cet après-midi (jeudi) les représentants de 46 pays mais aussi de l'Union européenne pour la première session du Conseil de paix, l'instance qu'il a créée pour superviser la reconstruction et la démilitarisation de la Bande de Gaza.
Israël y était représenté par le ministre des Affaires étrangères Guideon Sa'ar qui s'est retrouvé (ironie du sort ou placement volontaire) debout à côté du Premier ministre qatari pour la photo de groupe.
L'Iran
Prenant la parole dans un contexte de tensions maximales avec l'Iran, Trump a affiché une double posture : celle du bâtisseur de paix et celle du négociateur inflexible. « Ce que nous faisons est très simple : la paix », a-t-il déclaré en ouverture, avant de concéder aussitôt que « Gaza est complexe ». Sur l'Iran, il a indiqué que les négociations en cours étaient « bonnes », tout en avertissant qu'un accord « significatif » était impératif — faute de quoi « de mauvaises choses arriveraient ». Il a fixé un horizon de « dix jours environ » pour savoir si un accord est possible, en posant comme condition absolue qu'il empêche Téhéran de se doter de l'arme nucléaire. « La paix avec l'Iran n'est pas possible s'il possède l'arme nucléaire », a insisté le Président américain.
La Bande de Gaza
Sur le plan financier, Trump a annoncé un premier versement collectif de 7 milliards de dollars pour la reconstruction de Gaza — un montant qui paraît modeste au regard des 70 milliards estimés nécessaires pour effacer les destructions de la guerre. Le Koweït et les Émirats arabes unis contribueraient chacun à hauteur de 1,2 milliard de dollars. Les États-Unis, de leur côté, s'engagent à verser 10 milliards. La FIFA, dont le président Gianni Infantino était présent dans la salle, mobilisera pour sa part 75 millions de dollars destinés à des projets dans l'enclave.
Sur la question centrale du désarmement du Hamas, Trump s'est montré prudemment optimiste : « Il semble que le Hamas acceptera de se désarmer », a-t-il dit, avant d'admettre que la réponse définitive reste incertaine et de menacer, une fois encore : « Sinon, ce sera mauvais. » Il a également estimé qu'il ne serait probablement pas nécessaire d'envoyer des soldats combattre le Hamas à Gaza.
Cette incertitude résume bien l'atmosphère qui entourait le sommet. Un membre du Conseil ayant accepté de parler à Reuters sous couvert d'anonymat a reconnu, avant même l'ouverture de la session, que le plan se heurtait à des obstacles considérables : la sécurité dans la Bande de Gaza reste un préalable à toute reconstruction, aucune force de police alternative à celle du Hamas n'a encore été constituée, et la question de savoir qui conduira les négociations avec le mouvement terroriste demeure entière. Le Qatar et la Turquie, dont l'influence sur le Hamas est réelle, sont naturellement pressentis pour ce rôle — ce qui ne manque pas de susciter de vives réserves du côté israélien.
Du côté de Tsahal, le scepticisme est également de mise quant à la force internationale de stabilisation. Si l'Indonésie a annoncé sa disposition à envoyer quelque 8000 soldats d'ici fin juin, des sources au sein de l'appareil sécuritaire israélien indiquent n'observer « aucune autre volonté concrète d'envoyer des troupes ».
Israël attend désormais les conclusions concrètes du sommet pour comprendre ce que les prochaines étapes impliquent.
Dans un autre registre, le Président américain a affirmé qu'il ne cherchait plus à obtenir le Prix Nobel de la paix: ''Je veux sauver des vies, je n'ai que faire des prix'', a-t-il déclaré.
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