Invité de Frédéric Haziza sur Radio J ce dimanche, le philosophe et académicien, Alain Finkielkraut, a expliqué pourquoi il soutenait la reconnaissance d'un Etat palestinien par la France.
Pour lui, cette reconnaissance sert, avant tout, à marquer une séparation entre les deux populations qui est ''indispensable''.
Afin d'étayer son propos, Finkielkraut cite un reportage qu'il a vu à la télévision sur France 2: ''On voit des groupes de colons avec kalachnikovs, qui tous les vendredis vont prier devant un village palestinien pour faire comprendre aux Palestiniens que ce village leur appartiendra demain''. Et il ajoute: ''Ce qui m'a horrifié c'est aussi de les voir tranquillement briser des clôtures parce que vous savez ce que ça m'a rappelé? ça m'a rappelé ce qui se passait dans les shtetl en Pologne et les pogromistes''.
Le philosophe précise: ''L'accusation de génocide est monstrueuse et antisémite mais il y aujourd'hui en Judée-Samarie des pogromistes juifs et ce sont des Israéliens qui me l'ont dit. Israël est en danger, le judaïsme est en danger''.
Il ne veut pas détailler les contours d'une carte mais prône une séparation totale entre Israéliens et Palestiniens parce que ''leur promiscuité actuelle est meurtrière'' quitte à créer une ''confédération jordano-palestinienne plutôt qu'un Etat''.
Répondant aux attaques dont il fait l'objet au sein de la communauté juive après ses déclarations, Finkielkraut assure: ''Ce qui m'inspire c'est avant tout l'amour d'Israël''.
Par ailleurs, Alain Finkielkraut estime que l'opération actuelle de Tsahal dans Gaza Ville est ''disproportionnée'': ''Il y a 3000 combattants du Hamas dans la ville, selon ce que dit Tsahal. Pour 3000 combattants on a évacué plus de 500000 personnes et on est en train de détruire ce qui reste de la ville. N'est-ce pas totalement disproportionné?'', interroge-t-il.
Il réfute avec force toute accusation de génocide qui alimente l'antisémitisme et nazifie les Juifs.