La polémique est née d’une déclaration de la députée Marie Mesmeur, affirmant que « la justice française reconnaît que l’antisionisme n’est pas de l’antisémitisme ». Cette affirmation est inexacte. Aucune juridiction française n’a jamais posé un principe général allant dans ce sens.
À l’origine de cette controverse se trouve un jugement du tribunal correctionnel de Clermont-Ferrand. Cette affaire concernait une personne poursuivie pour des propos qualifiés d’antisionistes, tenus dans un contexte militant, et poursuivis au titre de la provocation à la haine. Les juges devaient répondre à une seule question : ces propos précis constituaient-ils, pénalement, une infraction ?
Le tribunal a estimé que, dans ce cas particulier, les propos incriminés n’atteignaient pas le seuil pénal requis pour caractériser une provocation à la haine au sens du droit français. La personne a donc été relaxée. Cette décision ne portait ni sur une définition de l’antisionisme, ni sur son lien théorique avec l’antisémitisme.
Contrairement à ce qui est aujourd’hui affirmé, le tribunal n’a pas déclaré que « l’antisionisme n’est pas de l’antisémitisme ». Il n’a pas établi de règle générale. Il s’est limité à apprécier des propos précis, dans un contexte précis, concernant une personne précise — comme le font quotidiennement les juridictions pénales.
En droit français, une relaxe ne vaut jamais validation idéologique. Elle signifie uniquement que les éléments légaux permettant une condamnation pénale ne sont pas réunis dans un dossier donné. Toute extrapolation au-delà de ce cadre relève d’une interprétation politique, non juridique.