78 ans déjà depuis cette nuit – car il faisait nuit en Israël ou plutôt ce qui s'appelait encore la Palestine mandataire, lorsque 33 pays membres de l'Assemblée générale des Nations unies répondent par l'affirmative au vote de l'adoption de la résolution 181 qui établit le partage de ce territoire que les Britanniques occupaient et administraient pour permettre la création de deux Etats : un juif et un arabe.
C'est l'explosion de joie pour le peuple juif et plus particulièrement les habitants du Yishuv qui sortent dans les rues de Tel Aviv, de Jérusalem et dans les kibboutzim pour danser et fêter la consécration du rêve deux fois millénaires, de nos prières et surtout du processus entamé un demi-siècle plus tôt à Bâle lors du premier Congrès sioniste pour la création de l'Etat d'Israël.
Tout cela nous le savons ; mais comme nous le disions en introduction, ce qui est important c'est d'analyser cette commémoration à la lumière de notre actualité.
Et je peux vous assurer que les leçons de cette résolution résonnent encore aujourd'hui avec une pertinence qui devrait nous éclairer à bien des égards.
Cette résolution aurait dû permettre la création d'un Etat arabe palestinien. Cet Etat qui n'a jamais vu le jour et que pourtant tant de nations et de gouvernements s'empressent aujourd'hui de vouloir reconnaître.
Il faut se poser la question pourquoi la Résolution a été violée ? Pourquoi l'Etat arabe prévu n'a pas été créé en 1948 à l'issue du mandat britannique comme l'Etat juif le fut conformément à la légalité internationale ?
La réponse est toute simple : personne dans le monde arabe ne voulait de cet Etat pas plus que les Palestiniens n'en voulaient. Par contre ce qu'ils voulaient et veulent encore, c'est la destruction d'Israël.
Dès le lendemain de l'adoption de la Résolution 181, le Haut comité arabe palestinien présidé par le grand mufti Amin al-Husseini, vous savez l'allié d'Hitler qui œuvra à la constitution de la 13e division SS « Handschar », composée de musulmans pour participer à l'effort de guerre du 3ème Reich, rejette et condamne cette résolution en appelant tous les Arabes où qu'ils se trouvent à la révolte et au massacre des Juifs.
La Ligue arabe réunie en conseil extraordinaire au Caire condamne le plan de partage et s'insurge. Son secrétaire, Abd al-Rahman Azzam Pacha, affirme : « Le temps n’est plus aux discours et aux paroles. C’est une question de vie ou de mort. » Les pays arabes appellent à la guerre, de la Syrie à l'Irak en passant par le Yémen les menaces pleuvent. Je cite à nouveau le secrétaire de la Ligue arabe : « L’heure de la lutte a sonné, l’ONU ne saurait contraindre 80 millions d’Arabes et 400 millions de musulmans à accepter un projet qu’ils rejettent".
Il est donc clair qu'en violant cette résolution les Palestiniens ont raté l'occasion de créer leur Etat comme ils le revendiquent aujourd'hui.
Une occasion ratée comme toutes celles qui ont suivi, notamment lors du rejet de la proposition israélienne d'un accord de paix et donc de la création d'un Etat palestinien en 1967 à l'issue de la guerre des Six jours en échange des territoires conquis pendant cette guerre. La réponse de la Ligue arabe réunie cette fois-ci à Khartoum ne fut pas très différente de celle de 1947 : le triple non – non à la paix, non à la négociation et non à la reconnaissance d'Israël.