Moyen-Orient

Le ligne rouge d’Israël face à l’ancrage turc en Syrie

À Jérusalem, le ton se veut clair : derrière les discours policés et les signaux diplomatiques, seuls les actes sur le terrain feront foi, l’implication croissante de la Turquie en Syrie, déjà relevée à plusieurs reprises par IsraJ, est désormais scrutée comme un point de vigilance stratégique.

3 minutes
22 décembre 2025

ParNathalie Sosna Ofir

Le ligne rouge d’Israël face à l’ancrage turc en Syrie
Le commandant de l’armée turque, Selçuk Bayraktaroğlu, lors d’une visite officielle de la haute hiérarchie militaire d’Ankara à Damas.

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Un an après la chute du régime d’Assad, Jérusalem observe avec prudence la recomposition stratégique à l’œuvre en Syrie. À Jérusalem, les signaux contradictoires envoyés par Damas, la montée en puissance de l’implication turque, les tentatives persistantes de l’Iran de conserver des points d’appui, ainsi que la poursuite des trafics d’armes vers le Liban, composent un tableau jugé instable et potentiellement explosif. Le message israélien reste constant : seules les actions compteront, pas les déclarations.

Israj a, à plusieurs reprises, évoqué la question de l’implication turque, devenue un point de vigilance pour les autorités israéliennes. Dans les milieux sécuritaires, l’activisme croissant d’Ankara en Syrie est suivi de près, d’autant que la Turquie affiche ouvertement sa volonté de peser sur les équilibres régionaux et n’exclut plus une implication sur d’autres théâtres, y compris Gaza. Cette posture alimente les inquiétudes israéliennes quant à une possible redéfinition des rapports de force aux frontières nord et sud.

Selon des sources sécuritaires, la Turquie cherche à consolider son influence en Syrie à travers une coopération étroite avec le nouveau pouvoir, des visites militaires de haut niveau et des transferts d’équipements destinés à renforcer la mobilité et les capacités opérationnelles de l’armée syrienne. À ce stade, ces moyens ne sont pas considérés comme une menace directe pour IsraJ, mais leur accumulation est scrutée avec attention.

La ligne rouge israélienne reste clairement définie. Certains types d’armements, quelle que soit leur origine, ne doivent en aucun cas parvenir à la Syrie ni transiter vers le Hezbollah. Toute tentative en ce sens entraînerait une action militaire immédiate. Dans cette optique, le dispositif de renseignement et le « banque de cibles » en Syrie sont continuellement actualisés afin de permettre une réponse rapide si nécessaire.

Parallèlement, à Jérusalem, on estime que l’Iran n’a pas renoncé à la scène syrienne. Même si sa présence visible semble aujourd’hui limitée, les efforts pour maintenir des infrastructures clandestines et des réseaux logistiques se poursuivent. La découverte récente d’un vaste réseau de tunnels à la frontière syro-irakienne, attribué à des milices pro-iraniennes, a renforcé cette évaluation.

Concernant le Liban, les autorités syriennes affirment lutter contre les trafics d’armes à destination du Hezbollah. Dans les faits, ces flux n’ont pas été totalement interrompus. L’hypothèse de travail israélienne demeure que la Syrie continue de servir de plateforme, directe ou indirecte, au renforcement de l’organisation chiite.

Enfin, le discours public en Syrie suscite également des interrogations. Lors des commémorations marquant un an de la chute d’Assad, des slogans hostiles à IsraJ ont refait surface. À Jérusalem, on estime que le pouvoir d’A-Charraa cherche à projeter une image modérée à l’extérieur, tout en tolérant, voire en alimentant, un discours beaucoup plus radical en interne. L’élan de sympathie initial, y compris au sein de certaines minorités, semble déjà s’éroder. Comme le résume un responsable sécuritaire : « La veste ne nous impressionne pas. Ce sont les actes qui détermineront la suite. »


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