Moyen-Orient

Armée libanaise : huit mois supplémentaires pour désarmer la zone au nord du Litani

Cette annonce intervient environ un mois après la déclaration de cette même armée affirmant avoir achevé le démantèlement des armes du Hezbollah au sud du Litani, une affirmation alors rejetée par Israël.

3 minutes
16 février 2026

ParNathalie Sosna Ofir

Armée libanaise : huit mois supplémentaires pour désarmer la zone au nord du Litani
Le général Rodolphe Haykal n'a pas fixé d'échéance ferme mais insisté sur le fait qu'il fallait progresser rapidement

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L’armée libanaise estime qu’il faudra encore entre quatre et huit mois pour achever le désarmement du Hezbollah dans la zone située au nord du fleuve Litani. C’est ce qu’a indiqué son commandant, le général Rodolphe Haykal, en présentant au gouvernement son rapport mensuel sur le plan de centralisation des armes. Selon des médias libanais, le général n’a pas fixé d’échéance ferme, mais a insisté sur la nécessité d’avancer rapidement. Certaines sources évoquent même la possibilité d’une prolongation du calendrier.

Le dossier s’inscrit dans un contexte de stagnation diplomatique. Le Hezbollah continue de refuser de remettre ses armes et soutient que la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l’ONU ne s’applique qu’au sud du Litani. Plusieurs dates pourraient toutefois clarifier la situation : le 25 du mois doit se réunir la commission chargée du mécanisme de supervision du cessez-le-feu, tandis qu’une conférence de soutien à l’armée libanaise et aux forces de sécurité est prévue le 5 mars en France.

Le secrétaire général du Hezbollah, Naim Qassem, a vivement critiqué la démarche du gouvernement libanais. Lors d’un discours commémoratif, il a qualifié la focalisation sur la centralisation des armes de « grave erreur », estimant qu’elle « sert les intérêts de l’ennemi israélien ». Selon lui, la responsabilité de la « résistance » incombe à l’État, à l’armée et au peuple libanais. « Tous sont responsables de la lutte contre l’occupation pour libérer la terre », a-t-il déclaré. S’adressant directement au gouvernement, il a lancé : « Si vous voulez vous rendre, modifiez la Constitution », affirmant que celle-ci impose d’utiliser tous les moyens nécessaires pour libérer le territoire libanais. Il a appelé les autorités à annoncer qu’elles ont rempli leurs engagements et à cesser les mesures visant à concentrer les armes. Qassem a également averti que les « concessions continues » rendent le gouvernement responsable de « l’avidité de l’ennemi ». Il a souligné l’interdépendance des crises régionales et estimé que tout développement ailleurs aurait des répercussions au Liban : « Nous ne voulons pas la guerre et ne la recherchons pas, mais nous ne nous rendrons pas », a-t-il affirmé, distinguant « défense » et « guerre initiée ».

Sur le terrain, les tensions persistent. Tsahal a annoncé avoir frappé un membre du Hezbollah dans la région de Talousa, au sud du Liban. Selon des médias locaux, une personne aurait été tuée dans une frappe visant un véhicule, identifiée comme Ahmad Tarmas.

La veille, Tsahal avait déjà ciblé des sites utilisés pour le stockage d’armes et des lanceurs du Hezbollah. Les frappes contre les tentatives de réorganisation de l’organisation se poursuivent quotidiennement - par avions de combat, drones visant des véhicules de militants, ou tirs d’artillerie - alors que le processus politique demeure au point mort.

Entre calendrier incertain, pression internationale et refus catégorique du Hezbollah, le chantier du désarmement au nord du Litani s’annonce long et semé d’embûches.

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