Plus de vingt pays participeront à cette réunion au niveau des chefs d’État et des ministres des Affaires étrangères. Israël sera représenté par son chef de la diplomatie, Gideon Sa'ar, le Premier ministre Benjamin Netanyahu ayant choisi de ne pas faire le déplacement. Une décision lourde de sens, dans un contexte diplomatique sensible.
Selon des responsables du Conseil, la rencontre vise à présenter les avancées obtenues jusqu’ici et à annoncer de nouveaux engagements financiers. Les États membres devraient confirmer plus de cinq milliards de dollars destinés à la reconstruction de Gaza.
L’administration américaine espère également obtenir des annonces concrètes sur l’envoi de milliers de soldats au sein d’une force internationale de stabilisation pour Gaza -ISF-, ainsi que pour renforcer la police locale, afin d’assurer sécurité et maintien de l’ordre dans la bande.
Sur son réseau Truth Social, Donald Trump a insisté : le Hamas doit procéder à un désarmement « complet et immédiat ». Le processus pourrait, selon les organisateurs, débuter dès le mois prochain, à condition que l’organisation terroriste accepte volontairement de remettre ses armes. Washington table sur un démarrage rapide des premières livraisons d’armement.
En Israël, l’optimisme affiché à Washington suscite une certaine réserve. Des sources sécuritaires affirment ne percevoir aucun signe concret d’une volonté du Hamas de se désarmer. Aucune préparation visible, aucun signal tangible.
Même scepticisme concernant la force internationale. À ce stade, quatre pays seulement ont exprimé leur disposition à envoyer des troupes : Indonésie, prête à déployer jusqu’à 8 000 soldats ; Italie, sans préciser de chiffres ; Grèce, qui évoque l’envoi de 100 militaires et personnels médicaux ; et Chypre, également sans détails chiffrés.
Du côté du Conseil, on assure toutefois que « les choses avancent à grands pas » et que d’autres pays attendent des progrès concrets sur le désarmement avant de s’engager officiellement. Un responsable prévient : si le Hamas refuse de se désarmer, Tsahal interviendra.
Au-delà des annonces, une image concentre les inquiétudes à Jérusalem. Gideon Sa’ar devrait apparaître sur la photo officielle aux côtés de représentants de pays hostiles à Israël, dont la Turquie, le Qatar ou le Pakistan. La Turquie sera représentée par son ministre des Affaires étrangères, Hakan Fidan, proche du président Recep Tayyip Erdogan, qui multiplie les positions critiques envers l’État hébreu. Une séquence symbolique que certains en Israël auraient préféré éviter.
La liste des membres du Conseil reflète une coalition hétéroclite : aux côtés d’Israël et des États-Unis figurent notamment le Qatar, la Turquie, le Pakistan, l’Argentine, l’Indonésie, l’Égypte, le Maroc, l’Azerbaïdjan, l’Ouzbékistan, l’Albanie, le Paraguay, la Hongrie, Bahreïn, les Émirats arabes unis, le Cambodge, l’Arménie et le Kazakhstan. L’Union européenne, la Grèce et Chypre participent en qualité d’observateurs.
La veille du sommet, Gideon Sa’ar interviendra au Conseil de sécurité de l’ONU lors d’un débat consacré au Moyen-Orient. Il entend y exposer la position israélienne sur la Judée-Samarie et répondre aux critiques visant les décisions récentes du cabinet israélien, notamment concernant des mesures prises face à des violations environnementales et patrimoniales attribuées aux Palestiniens.
Selon le ministre, Israël doit « présenter la réalité telle qu’elle est » et contrer ce qu’il qualifie de « narratif mensonger ». Il reconnaît toutefois que, autour de la table, peu de pays soutiendront ouvertement la position israélienne, à l’exception probable des États-Unis.
À Washington, l’enjeu dépasse la reconstruction matérielle de Gaza. Il touche à l’équilibre diplomatique régional, à la crédibilité d’un désarmement du Hamas et à la capacité d’Israël à défendre ses lignes rouges. Entre annonces ambitieuses et doutes sécuritaires, la réunion de jeudi devrait clarifier - ou compliquer - la suite.
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