Alors que l’Iran traverse une phase de fortes turbulences — manifestations intérieures, menaces occidentales et crispation régionale — ses relations avec le Pakistan apparaissent comme un point d’appui diplomatique de plus en plus visible. Cette lecture s’appuie sur un entretien détaillé accordé par l’ambassadeur pakistanais à Téhéran à l’agence iranienne Tasnim, média officiel du régime, publié le 30 décembre 2025.
Dans cet entretien, le diplomate pakistanais insiste sur la « résilience » de l’Iran, affirmant que la vie quotidienne serait restée « complètement normale » malgré les récents affrontements militaires et la pression sécuritaire. Un message abondamment relayé par Tasnim, qui s’inscrit dans la stratégie de communication du régime visant à projeter une image de stabilité et de contrôle face aux troubles internes.
Toujours selon Tasnim, l’ambassadeur met en avant un renforcement concret des relations bilatérales : projet d’accord de libre-échange, développement du commerce frontalier, mécanismes de troc pour contourner les sanctions, et coopération sécuritaire le long d’une frontière commune de près de 900 kilomètres. Il évoque également une coordination accrue autour des ports stratégiques de Chabahar et Gwadar, présentés non comme concurrents mais comme complémentaires.
Ce soutien pakistanais intervient alors que l’Iran cherche à démontrer qu’il n’est pas isolé sur la scène régionale. Outre Islamabad, Téhéran continue de s’appuyer sur un réseau d’alliés et de relais : le Hezbollah au Liban, des milices pro-iraniennes en Irak, les Houthis au Yémen, ainsi que des partenariats politiques et stratégiques avec la Syrie, la Russie et la Chine. Un ensemble que le régime présente comme un dispositif de dissuasion face à Israël et aux États-Unis.
Sur la question d’une éventuelle réponse iranienne, l’entretien publié par Tasnim laisse apparaître une ligne privilégiant, à ce stade, la dissuasion indirecte : rhétorique ferme, soutien renforcé aux alliés régionaux et valorisation des partenariats stratégiques, notamment avec le Pakistan. Une confrontation militaire directe avec Israël ou les États-Unis n’est pas évoquée explicitement, mais la multiplication des pressions périphériques reste un levier régulièrement brandi par Téhéran.
En interne, en revanche, le discours est nettement plus dur. La contestation populaire est décrite, dans les médias officiels iraniens, comme une tentative de déstabilisation orchestrée de l’étranger, justifiant un renforcement sécuritaire et une répression accrue. Le contraste est saisissant entre, d’un côté, la mise en avant d’alliances régionales dans la communication diplomatique et, de l’autre, une population iranienne de plus en plus en rupture avec le régime des mollahs.
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