Sous la présidence de Donald Trump, Washington a déjà montré qu’il n’hésitait pas à frapper au cœur des régimes qu’il considère hostiles, y compris par des opérations ciblées et spectaculaires. L’arrestation de Maduro, allié historique de l’Iran, intervient alors que la République islamique traverse une phase de grande fragilité : crise économique aiguë, chute du rial, pénuries d’eau et contestation sociale persistante. Dans ce contexte, l’opération américaine rappelle que le parapluie politique ou géographique ne protège plus automatiquement les partenaires de Téhéran. Le message implicite est limpide : si un allié aussi éloigné que le Venezuela peut être atteint, aucun pilier du système iranien n’est hors de portée.
La coïncidence de cette capture avec l’anniversaire de l’élimination du général Qasem Soleimani n’a pas échappé aux observateurs. Aux yeux de l’Iran, ces opérations dessinent une continuité : frappes ciblées, élimination de figures-clés, voire changements de régime lorsque Washington le juge nécessaire. Les déclarations martiales de Trump sur l’Iran, combinées à cette action concrète, renforcent l’idée que les États-Unis ne se contentent plus de menaces verbales. La démonstration de force vaut avertissement.
Au-delà du symbole, la chute de Maduro menace directement les intérêts concrets de l’Iran. Caracas servait de plateforme stratégique pour contourner les sanctions, soutenir l’industrie pétrolière iranienne et héberger des infrastructures sensibles, notamment liées aux drones et aux réseaux du Hezbollah. Les échanges commerciaux entre les deux pays atteignaient près de trois milliards de dollars en 2023. La disparition de ce relais met en péril des investissements clés, à un moment où l’économie iranienne manque cruellement de marges de manœuvre.
Les réactions iraniennes - condamnation officielle, dénonciation d’une violation de la souveraineté vénézuélienne, messages de fermeté du guide suprême Ali Khamenei - traduisent une nervosité palpable. Elles montrent que l’opération américaine a touché un nerf sensible : la crainte de voir le même scénario appliqué, un jour, à la République islamique elle-même.
En définitive, la capture de Maduro constitue une menace pour l’Iran parce qu’elle fragilise l’architecture même de son influence internationale. Elle démontre la volonté américaine de frapper les maillons de l’« axe de résistance », affaiblit les réseaux financiers et sécuritaires iraniens à l’étranger et alimente le doute au sein d’un régime déjà sous pression. Message délibéré ou simple effet collatéral, l’impact est le même : à Téhéran, l’avertissement a, sans aucun doute, été entendu.
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