Aujourd’hui, le 5 janvier est un jour marqué par un événement particulièrement important dans la conscience du peuple juif : le 5 janvier 1895, se déroulait la dégradation du capitaine Dreyfus dans la cour de l’école Militaire à Paris.
C’est une des étapes importantes de la célèbre affaire Dreyfus. Il est exact que cela s’est passé il y a donc 131 ans mais nous verrons combien cela est d’actualité encore aujourd’hui.
Le 5 janvier 1895 donc, le capitaine Alfred Dreyfus est solennellement dégradé dans la cour de l'École Militaire, à Paris. Il a été condamné au bagne à vie pour haute trahison et espionnage au profit de l'Allemagne.
Le climat d’antisémitisme qui sévit en France à la fin du 19 ème siècle est à son paroxysme. L'«Affaire » proprement dite commence un an plus tard avec la découverte de faits nouveaux par le Colonel Picquart. Il apparaît à ce dernier que le capitaine a été accusé à la place d'un autre. L'erreur judiciaire est manifeste. Mais est-il pensable que la justice militaire reconnaisse une erreur en ces temps de grande tension internationale ? Le droit et la vérité doivent-ils prévaloir sur l'honneur de l'Armée et la sécurité du pays ? surtout qu’il s’agit d’un Juif, « coupable par nature » pour ses accusateurs, qui estiment que la judéité de Dreyfus le rendait ''naturellement'' suspect, propageant des stéréotypes de loyauté douteuse.
L'opinion publique va se déchirer pendant plusieurs années sur ces questions essentielles. Il faudra attendre le 12 juillet 1906 pour que la Cour de cassation réhabilite le capitaine et l’innocente complètement.
Vous connaissez bien sûr la suite. Un jeune journaliste hongrois juif, Theodor Herzl, suit l'Affaire dès le premier procès de Dreyfus. il a été révolté par la flambée d'antisémitisme dans la patrie des Droits de l'Homme et en tire la conclusion qu'il est illusoire pour les Juifs de chercher leur salut dans l'assimilation dont il était convaincu auparavant qu’elle serait la solution à la condition des Juifs.
Quelques mois plus tard, il publie son livre Der Judenstaat, que l'on traduit parfois faussement en français par L'État juif, alors qu’il faudrait dire « l’Etat des Juifs » dans lequel il préconise la création d’un foyer national pour le peuple juif. Il y écrit notamment : « Dreyfus était pleinement intégré et assimilé dans la société française, il s’était cousu les épaulettes des valeurs de la République et de l’armée française auxquelles il croyait aveuglément puisque même au moment où on les lui arrache il crie Vive la France et Vive l’armée, mais rien n’y fait, c’est un Juif que l’on déshonore et que l’on envoie au bagne ».
C’est le début de l’aventure du sionisme politique qui a conduit à la création de l’Etat d’Israël. Nul doute que cet événement est encore d’actualité aujourd’hui. La haine antisémite qui aveuglait hier la justice française pour condamner un innocent n’est-elle pas la même qui aujourd’hui condamne l’Etat d’Israël en l’accusant des pires ignominies ?
N’entendons-nous pas aujourd’hui dans les rues de Paris les mêmes vociférations, les mêmes cris de « Mort aux Juifs » que ceux qui résonnaient aux oreilles de Théodore Herzl ce 5 janvier 1895 ?
L'origine juive de Dreyfus attisait les passions dans lesquelles l'antisémitisme venait au secours d'un patriotisme dévoyé exactement comme aujourd’hui l’antisionisme et la haine d’Israël viennent au secours d’un progressisme « propalestinien » tout autant dévoyé.